La loupe

On compte environ 250 millions de vaches laitières sur la planète, dont 24 millions dans l’UE, et 3,6 millions en France.

Bien que beaucoup d’entre elles soient toujours élevées dans des systèmes au pâturage, on exige des vaches une productivité maximale, qui s'accompagne souvent de boiteries, d’inflammation des mamelles et de courte vie. Et en France, comme dans le reste de l’Europe, des projets d’implantation de méga-élevages se multiplient.

Les veaux mâles, quant à eux, prennent la direction de la filière viande et sont généralement engraissés dans des systèmes intensifs non pas en France mais exportés à l'étranger, par camion et / ou bateau ce qui engendrent de niombreux problèmes pour les animaux.

Des systèmes d’élevage variés

Il existe de nombreux types d’élevages en Europe :

  • systèmes en zéro-pâturage (les vaches n’ont jamais accès au pâturage) ;
  • accès au pâturage limités (par exemple durant le tarissement, la période durant laquelle les vaches ne produisent pas de lait) ;
  • systèmes plus extensifs au pâturage.

Les vaches sont généralement logées en stabulations libres, mais les stabulations dites «entravées», où les vaches sont attachées, sont encore permises et courantes dans certains pays. En France, on trouve encore des systèmes où les vaches sont « à l’attache » en hiver, dans les régions de montagne notamment.

Absence de standards minimaux pour les vaches laitières

Il n’existe pas de Directive européenne fixant des standards minimaux pour la protection des vaches laitières comme pour les poules pondeuses par exemple. Quelques cahiers des charges développent des systèmes d’évaluation du bien-être animal en élevage laitier basés sur le suivi d’indicateurs de performance clés et la définition d’objectifs, visant à améliorer les niveaux de boiteries, de mammites, et l’état d’engraissement des animaux.

Productivité maximale des vaches laitières

La race laitière Prim’Holstein, spécialisée dans la production de lait, est la race dominante en France. Les vaches laitières à haut rendement sont souvent sujettes à des problèmes de boiteries, mammites et autres troubles fonctionnels.

Tandis qu’une vache allaitante (élevée pour sa viande) produirait naturellement environ 4 litres de lait par jour, une vache laitière produit en moyenne 28 litres de lait par jour sur une période de 10 mois. Durant le pic de lactation, les vaches laitières à fort rendement peuvent produire jusqu’à 60 litres par jour et jusqu’à 12 000 litres sur toute leur lactation. Les mammites (infection des mamelles) et les problèmes de fertilité sont également courants.

Vu l’intense rythme de production imposée aux vaches laitières, elles ont une espérance de vie productive très courte. Les vaches laitières sont généralement réformées (abattues) tôt, après leur troisième lactation en moyenne. A l’état naturel, une vache laitière peut vivre jusqu’à 20 ans.

Attention aux élevages gigantesques

En France, la plupart des fermes sont encore familiales avec en moyenne 45 vaches laitières et un accès au pâturage. Cependant on assiste en France comme dans le reste de l’Europe à l’apparition de projets de méga-élevages où les vaches ne se comptent plus par dizaines mais par centaines ou milliers. Du fait de ce changement d’échelle drastique, il est impossible dans ces élevages d’avoir un accès au pâturage et les vaches restent enfermées toute l’année. Ces élevages sont largement critiqués du fait des risques qu’ils présentent pour l’environnement, le paysage, l’emploi, le respect de la ruralité, et bien sûr le bien-être animal.

En savoir plus sur l’un de ces projets en Picardie, le "projet des 1000 vaches".

Les veaux

Pour qu’elles produisent suffisamment de lait, les vaches doivent mettre bas d’un veau tous les ans, dès l’âge de deux ans. Elles sont en général inséminées artificiellement trois mois après avoir vêlé. Les veaux leur sont retirés un ou deux jours après la naissance. C’est un énorme stress pour la vache et son petit qui entretiennent des liens extrêmement forts. La mère peut meugler pour appeler son veau pendant les deux jours qui suivent leur séparation.

Ces veaux laitiers sont ensuite élevés pour le marché de la viande de veau, généralement dans des systèmes intensifs. Souvent ils ne reçoivent pas assez de colostrum (premier lait riche en protéines et en anticorps) et de ce fait ont un système immunitaire affaibli, qui ne leur permet pas de résister aux infections et maladies de manière adéquate. De plus, leur alimentation n'est pas adaptée et manque de fibres et de fer. Les veaux sont volontairement anémiés pour obtenir une viande blanche, préférée par les consommateurs. Les veaux peuvent être élevés dans des cases individuelles jusqu’à l’âge de 8 semaines.

 

Pâturage et fourrage assurés

Les vaches laitières peuvent produire plus longtemps et avoir une meilleure qualité de vie dans des systèmes bien menés, basés sur un accès au pâturage durant la période de pousse de l’herbe. Un programme de sélection basé sur un potentiel génétique pour un rendement laitier plus faible permet aussi d’avoir des vaches en meilleure santé.

Et en bio ?

Les élevages biologiques (Régulation de la Commission 889/2008 EC) offrent l’assurance que les vaches laitières ont accès au pâturage durant la période de pousse de l’herbe et qu’au moins 60% (en matière sèche) de la ration des vaches est constituée de fourrages (frais, séché, ou ensilage). La surface minimum par animal est de 6m² à l’intérieur et 4,5m² à l’extérieur, avec au maximum 2 vaches/ha.

Le logement des veaux en cases individuelles est interdit dès la deuxième semaine.

 En France en 2016, seulement 2.4 % de la collecte nationale de lait était issue de l’agriculture biologique.

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