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Abattoirs : propositions encourageantes, quelle suite ?

News Section Icon Publié 20/09/2016

Après plusieurs mois d’enquête, la Commission parlementaire sur les abattoirs révèle officiellement les 65 mesures qu'elle préconise. CIWF France attend désormais des résultats concrets.

Suite aux scandales sur les abattoirs fin 2015 et début 2016, une Commission d’enquête parlementaire présidée par le député Olivier Falorni avait été mise en place. La Commission a planché sur le sujet durant plusieurs mois, alternant les rencontres avec les acteurs de la filière et les associations, couplées à des visites d'abattoirs.

Auditionnée en mai, CIWF France a pu exprimer ses demandes sur l’installation de la vidéosurveillance, sur les sanctions administratives et pénales, sur l’étourdissement systématique...

Cette Commission d’enquête parlementaire a rendu publiquement ses résultats à l’Assemblée nationale ce mardi 20 septembre. Dans son rapport de 255 pages, 65 propositions sont faites pour améliorer les conditions d'abattage.

La vidéosurveillance : une victoire significative

La mesure phare de ce rapport recommande de « Rendre obligatoire l’installation de caméras dans toutes les zones des abattoirs dans lesquelles des animaux vivants sont manipulés ».  CIWF porte cette demande depuis des années. C’est donc une excellente nouvelle. Mais la vidéosurveillance seule ne suffit pas et des questions demeurent à : Qui va visionner ces vidéos et quand ? Une vidéo-surveillance sans contrôle indépendant et sans personnel d’inspection pour visionner les bandes et les traiter ne sert à rien.

La création de postes supplémentaires

Le rapport recommande également la présence obligatoire d’un agent vétérinaire aux postes d’étourdissement et de mise à mort, dans les abattoirs de plus de 50 salariés. Plus généralement, les effectifs des services vétérinaires doivent être mieux formés à la protection animale et leur nombre être augmenté. Mais soulignons un bémol : pourquoi limiter la présence d’un agent vétérinaire aux établissements de plus de 50 salariés quand on a vu ces derniers mois que les infractions et disfonctionnements étaient aussi dans de petits abattoirs ?

L'abattage rituel, des propositions en demi-teinte

Le rapport ne préconise pas la fin de la dérogation permettant l’abattage sans étourdissement pour des raisons rituelles, mais seulement « une modification du code rural […] afin de préciser que l’étourdissement réversible et l’étourdissement post-jugulation sont possibles en cas d’abattage rituel ». CIWF demande à la France de rendre obligatoire l’étourdissement préalable à la saignée en toutes circonstances. 

Les volailles et les cochons, les oubliés

Près de 90% des animaux abattus en France chaque année sont des volailles. L’étourdissement par bain d’eau électrifié des volailles, généralisé en France, est inefficace. CIWF demande le soutien de l’Etat au développement de l’étourdissement des volailles par méthode gazeuse. C’est aujourd’hui la seule qui permette de garantir le moins de souffrance des animaux. Elle est pratiquée dans la majorité des abattoirs au Royaume Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne, et dans de nombreux autres états membres pour des raisons de bien-être animal.
Idem pour les cochons. CIWF demande le développement de méthodes alternatives non aversives. 

Ce rapport est prometteur et CIWF s’en réjouit, mais il reste de nombreux points qui méritent d'être clarifiés et surtout, il faut désormais que ces propositions intègrent les textes de lois pour devenir effectives.

CIWF demande à ce que les députés intègrent ces points dans la proposition de loi de Geneviève Gaillard et Jacques Lamblin, et surtout que celle-ci soit mise à l’ordre du jour des discussion à l’Assemblée nationale avant la fin de la mandature, en février.