Pour un abattage plus "humain"

Afin d’éviter un grand nombre de souffrances pour les animaux au moment de l’abattage, CIWF considère qu’il est essentiel de respecter certaines prescriptions essentielles. Les animaux doivent être manipulés de façon à éviter les douleurs et le stress, la mort doit être instantanée, l’animal doit être étourdi avant abattage et le rester jusqu’à la mort, ou encore que les méthodes d’étourdissement et d’abattage ne causent, en elles-mêmes, de douleurs ou de stress aux animaux.

Face aux infractions régulières constatées dans les abattoris français, CIWF qui a été auditionnée en mai dernier par la Commission d'enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux, identifie 4 priorités qui s’imposent et doivent être mises en place avec les moyens adéquats au plus tôt :

  1. La vidéo-surveillance : un contrôle régulier de l’étourdissement et des signes de vie
  2. Un renforcement des procédures d’inspection et des sanctions administratives et pénales et de leur application afin qu’elles soient suffisamment dissuasives.
  3. La révision des méthodes d’étourdissement des volailles et des porcs
  4. La fin de la dérogation pour l'abattage sans étourdissement 

En Europe, étourdissement obligatoire, sauf exception

La loi exige que « toute douleur, détresse ou souffrance évitable est épargnée aux animaux lors de la mise à mort et des opérations annexes ». Elle indique que tous les animaux dans l'UE doivent être étourdis de manière efficace avant l'abattage.

Par exception, la législation permet cependant la mise à mort sans que l’animal soit préalablement étourdi, pour les animaux faisant l’objet de méthodes particulières d’abattage prescrites par des rites religieux.

Afin d’encadrer ces exceptions en France, et pour qu’elles ne se généralisent pas, des dispositions supplémentaires ont été introduites et exigent, depuis 2012, une autorisation préalable à la réalisation d'abattage sans étourdissement et les abattoirs doivent justifier que l’abattage sans étourdissement correspond à des commandes commerciales.

Depuis le 1er janvier 2013, le Règlement Européen n°1099/2009 définit l’ensemble des conditions d’abattage. Outre les dispositions sur l’étourdissement, le Règlement prévoit également la mise en place de modes opératoires normalisés, ainsi que de nouvelles prescriptions pour la formation du personnel, les obligations de configuration des abattoirs, les règles opérationnelles, et la mise en place d’un référent Bien-être animal.

Cette exception devrait être supprimée

CIWF considère qu’il ne devrait pas y avoir d’exception au principe de l’étourdissement obligatoire des animaux avant l’abattage : en effet, de nombreuses études scientifiques ont démontré que l’égorgement des animaux sans étourdissement était associé à une souffrance aigüe.

En raison des graves problèmes de bien-être animal liés à l'abattage sans étourdissement, un étourdissement devrait toujours être réalisé avant l'égorgement.

Autorité européenne de sécurité des aliments, 2004

Du point de vue de la protection des animaux et par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances.

Fédération des vétérinaires européens, 2006

CIWF souhaite donc que la règlementation rende obligatoire l’étourdissement des animaux avant leur saignée, y compris les animaux abattus suivant certains rites religieux.

L'abattage sans étourdissement en chiffres

En France, un rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux de 2011 indique un chiffre de 51 % d’abattages rituels, toutes espèces de ruminants confondues (40 % pour les bovins adultes, 26 % pour les veaux, 58 % pour les ovins et 22 % pour les caprins). 

Pourtant, 72% des français désapprouvent la dérogation permettant de ne pas étourdir les animaux (sondage IFOP, 2009).

De plus, une proportion importante de viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement préalable est dirigée vers les circuits de distribution classiques, sans que le consommateur n’en soit informé. Si certaines communautés religieuses acceptent l’étourdissement avant abattage, les pratiques varient d’un pays et d’une communauté à l’autre.

Alors qu’au Royaume-Uni, une partie des animaux abattus selon le rite halal sont étourdis avant la mise à mort, en France au contraire, l’abattage sans étourdissement préalable tend à devenir la norme, au delà des besoins des communautés religieuses, avec notamment 80% des agneaux et moutons consommés en France abattus sans étourdissement (source : Direction Générale de la Santé et des Consommateurs).

En Italie, tous les produits Halal vendus par l’enseigne Coop, avec qui CIWF travaille, sont issus d’animaux qui ont été abattus avec étourdissement préalable. L'étourdissement est également accepté dans certains pays majoritairement musulmans, comme l'Indonésie ou la Jordanie.

Des pays comme le Danemark, la Slovénie ou la Pologne ont complètement interdit l’abattage sans étourdissement.

Ce que nous faisons

CIWF estime que la situation actuelle est inacceptable et exige que des mesures soient prises immédiatement. Nous appelons le gouvernement à mettre un terme à la dérogation qui permet l’abattage sans étourdissement.
Pendant une période transitoire, nous lui demandons de s’assurer que l’application de la dérogation actuellement en place soit strictement limitée, que tous les animaux non étourdis avant la mise à mort soient au moins rendus inconscients immédiatement après la saignée afin de limiter les souffrances liées à cette dernière et que toutes les viandes issus d’animaux qui n’ont pas été étourdis soient étiquetées comme telles.

Nous agissons auprès des décideurs pour interdire l’abattage sans étourdissement, et à tout le moins que soit garantie l’application stricte de la règlementation française et européenne sur l’abattage.

Nous encourageons également la Commission Européenne à prendre les mesures nécessaires, en application de la stratégie de l'UE pour la protection et le bien-être des animaux 2012 – 2015, selon laquelle elle devait réaliser une « étude sur l’opportunité de donner aux consommateurs des informations pertinentes au sujet de l’étourdissement des animaux ».

Nous faisons pression auprès des autorités européennes et nationales, pour qu’un étiquetage informant le consommateur sur les modes d’élevage et d’abattage soit rendu obligatoire.

CIWF demande la mise en place obligatoire de vidéosurveillance continue du poste d’abattage, avec la mise en place d’un contrôle indépendant. Voir le rapport de CIWF sur la nécessité de la vidéosurveillance.

CIWF soutient la proposition de loi déposée le 20 juillet 2016 par les députés Geneviève Gaillard (PS) et Jacques Lamblin (LR), ainsi que 72 autres députés, visant à réduire au maximum la souffrance des animaux lors de l'abattage.

Ce que vous pouvez faire

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