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Moutons 2

Des animaux, pas des marchandises

Des millions d'animaux vivants sont transportés chaque année de l'Union Européenne vers l'Asie et l'Afrique (veaux, moutons, chèvres, cochons, bovins...).

Ces transports peuvent durer des centaines d'heures. Ils infligent de nombreuses souffrances aux animaux et entraînent parfois la mort. Bien souvent le bien-être animal est très peu pris en compte, indépendamment de la destination initiale et finale des animaux.

CIWF demande à ce que les animaux soient engraissés et abattus aussi près que possible de leur lieu de naissance. Le transport des animaux vivants doit être remplacé par le commerce de la viande.

Le transport longue distance, source de souffrance

  • La surpopulation - Les animaux sont entassés. Beaucoup sont blessés ou piétinés à mort.
  • L'épuisement et la déshydratation - Ils peuvent être en transit pendant des jours, souffrir de températures extrêmes, rester sans nourriture, eau ou repos suffisants. Certains en meurent.
  • La douleur et le stress - Les animaux sont des êtres sensibles, ils ressentent douleur et peur durant les transports.

La propagation des maladies

La propagation des maladies à travers le monde, comme la fièvre catarrhale, la fièvre aphteuse, la grippe aviaire et la peste porcine, peut être directement attribuable au transport des animaux vivants. Déplacer le bétail sur de longues distances vers des marchés et des abattoirs facilite la transmission des maladies infectieuses entre les animaux. Et comme les animaux sont transportés d'un pays à l’autre - avec peu de contrôles vétérinaires – les maladies peuvent se propager sur de grandes distances à une vitesse alarmante. L'épidémie de fièvre aphteuse de 2001 a démontré l'effet dévastateur que le transport peut avoir sur la diffusion de cette maladie.

Fin du voyage

Souvent la souffrance des animaux ne prend pas fin lorsque le voyage s'achève. Dans de nombreux pays, les animaux sont brutalement chargés et déchargés à l'aide d'aiguillons électriques et de bâtons. Les normes d'abattage varient également considérablement selon les pays. Certains animaux sont mal étourdis ou pas étourdis du tout avant l'abattage.

CIWF estime qu'aucun animal ne devrait voyager plus de 8 heures pour rejoindre sa destination finale.

Exportés, vers où?

Des millions d'animaux sont transportés chaque année de l'Union Européenne vers l'Asie et l'Afrique. Ces transports peuvent durer des centaines d'heures, et parfois entraîner la mort des animaux avant d'atteindre leur destination finale.

Carte exportations UE

Chaque année, plus de trois millions d'animaux sont exportés de l'UE vers des pays hors de l'UE. Des centaines de milliers sont destinées à des pays d'Asie et d'Afrique. Notre enquête a découvert des animaux transportés de l'Europe vers la Turquie, l'Afrique du Nord, le Liban ou encore l'Irak.

Europe

Rien qu'en Europe, environ six millions d'animaux de ferme sont transportés à travers de nombreux pays ; ces transports durent souvent trois jours ou plus. En 2010, la France a exporté près d'1,4 millions de bovins, 670 000 agneaux, 655 000 porcs, 54 000 moutons...

Australie

L'Australie exporte environ quatre millions de moutons vivants chaque année. Ils peuvent voyager jusqu'à 50 heures par route pour se rendre au port maritime. S’en suit un voyage de plusieurs semaines par la mer, puis un nouveau voyage en camion à l’arrivée. Environ 40.000 moutons meurent chaque année avant d’atteindre leur destination !

Canada & Etats-Unis

Le Canada transporte sur des milliers de kilomètres ses animaux de ferme, à l’intérieur du pays et aux Etats-Unis. Ils vivent des conditions exceptionnellement dures, accentuées par les changements de température -du froid glacial à la canicule. Les camions utilisés sont souvent sans chauffage ni climatisation.

Amérique du Sud

Chaque année, des milliers d'animaux sont exportés d'Amérique du Sud pour être engraissés pour la production de viande bovine en Asie et en Afrique. Ces voyages impliquent souvent des semaines de transport en mer pour ces animaux, qui seront ensuite abattus dans des conditions ne respectant pas les règles internationales de protection animale. Lorsque des problèmes surgissent, ils ont souvent des conséquences désastreuses.

Moyen-Orient

Le Moyen-Orient est l'un des plus grands importateurs mondiaux d'animaux vivants, avec des animaux en provenance de pays aussi éloignés que l'Europe de l'Est, l'Amérique du Sud et l'Australie. A l'arrivée, ces animaux sont souvent abattus dans des conditions ne respectant pas les règles internationales de protection animale.

De la Lettonie à l'Irak

Lors d'un incident, des enquêteurs furent les témoins d'un camion transportant des taureaux depuis la Lettonie, bloqué à la frontière turque durant six jours. Ce camion avait déjà parcouru 2600 km sur plus de 5 jours. Quand ils ont finalement été autorisé à entrer en Turquie, ils avaient encore 2000 km à parcourir pour rejoindre l'Irak !

CIWF a également reçu des rapports sur des animaux voyageant de l'Irlande jusqu'au Kazakhstan. Ces voyages très longs doivent cesser et être remplacés par le commerce de la viande congelée ou réfrigérée.

Les dernières enquêtes

Agir avec nous

CIWF demande la fin de tous les transports d'animaux vivants sur de longues distances. Nous voulons que les animaux soient engraissés et abattus aussi près que possible de leur lieu de naissance et que le transport d'animaux destinés à l'abattage soit remplacé par l'exportation de viande.

S'attaquer au commerce mondial du transport d'animaux vivants est une tâche colossale. CIWF mène cette bataille sur plusieurs fronts :

  • Réduire la durée maximale de voyage au sein de l'UE
  • Interdire les exportations de l'UE vers les pays tiers
  • Veiller à ce que la législation et les normes internationales sur le bien-être des animaux durant le transport et l'abattage soient appliquées.

Lobbying européen

CIWF s’efforce d’influencer les décideurs de l'UE. Beaucoup de députés sont en faveur de l'amélioration des conditions de transports pour les animaux et ont voté pour une limitation à 8 heures de la durée de transport des animaux destinés à l'abattage. Cependant, la décision d'introduire une nouvelle législation n'a pas encore été prise.

De plus, CIWF a déposé une plainte officielle auprès de certains États membres concernant leur échec à se conformer à la législation communautaire sur la protection des animaux pendant le transport.

Pression pour la révision de la réglementation

Le dernier rapport de la Commission Européenne sur la réglementation concernant le transport des animaux a été très décevant. Bien que la Commission Européenne reconnaisse que les règles de transport « ne sont pas en accord avec l'opinion scientifique actuelle », et que « les longs trajets sont susceptibles d'avoir des effets plus néfastes sur le bien-être des animaux que les courts », une nouvelle législation n’est pas envisagée. A la place, la Commission propose une meilleure mise en application de la réglementation par les États membres -ce qui, à ce jour, n'a eu qu'un impact limité.

CIWF continue donc à faire pression pour une réglementation plus stricte sur les transports en Europe. Des points cruciaux tels que la durée du trajet, les temps de repos et les densités de chargement des camions doivent être adressés dès que possible.

Nos rapports