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Lait, clonage et modification génétique

News Section Icon Publié 08/10/2012

Des scientifiques néo-zélandais ont cloné et produit un veau (femelle, génisse) génétiquement modifié, afin qu’il puisse produire du lait exempt de la protéine supposée responsable d'allergies chez les nourrissons. La génisse a reçu de fortes doses d'hormones à seulement 7 mois, afin de déclencher la production de lait. (Normalement, le lait est produit uniquement quand une vache a son premier veau à environ 2-3 ans.)

Ces chercheurs ont ainsi modifié génétiquement des embryons de vaches pour donner naissance à une génisse capable de produire du lait sans beta-lactoglobuline (BLG), une protéine qui provoquerait une réaction allergique chez certains enfants et qui n'est pas présente dans le lait maternel. Dans les pays développés, 2-3% des nourrissons seraient allergiques à cette protéine contenue de lait de vache. Cette allergie disparait dans la majorité des cas vers l'âge de cinq ans.

Sur les cinquante-sept embryons clonés implantés à des vaches porteuses, il a eu cinq gestations viables, dont une a permis la naissance d’une génisse clonée nommée Daisy.

Daisy est née il y a seulement 11 mois par césarienne ; elle est trop jeune pour avoir un veau elle-même et produire du lait naturellement. Elle a donc reçu de fortes doses d’hormones pour provoquer une production de lait prématurée, ce qui peut impacter fortement son bien-être.

Peter Stevenson, conseiller politique de CIWF, souligne : « Il existe des preuves scientifiques pour démontrer que le génie génétique et le clonage se traduisent trop souvent par des souffrances tant pour l'animal génétiquement modifié que pour la mère porteuse. »

Par exemple, l'Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) a souligné que le clonage est source de sérieux problèmes de santé et de bien-être tant pour les animaux clonés et leurs mères porteuses.

« Il est difficile de comprendre pourquoi tant d’animaux ont été soumis à ces expériences et ces conditions stressantes afin de produire une génisse qui pourra ou ne pourra pas produire une descendance ayant le potentiel de produire du lait sans BLG, qui à son tour pourra ou non convenir pour les nourrissons atteints d'une allergie au lait temporaire. »

« Le fait que la technologie existe déjà pour produire des préparations de lait de vache hypoallergéniques pour nourrissons par le biais d’un processus industriel rendent cette recherche particulièrement inutile. »

Il est inquiétant que Daisy soit née sans queue, car cette anomalie est extrêmement rare chez les vaches. Les scientifiques d’AgReasearch ont admis qu'ils doivent encore découvrir la cause de cette malformation.

L’efficacité du processus de clonage est faible : de nombreux fœtus décèdent et beaucoup de ceux qui survivent meurent dans les jours et les premières semaines de la vie suite à des problèmes de santé : cœur, problèmes respiratoires et déficits immunitaires. Cela entraîne inévitablement l’utilisation d’un grand nombre d'animaux et la multiplication des problèmes de bien-être.

Les gestations des clones sont souvent anormales ou difficiles et que les embryons clonés ont tendance à être de grande taille, ce qui entraîne des naissances douloureuses avec un fort taux de césariennes, ce qui a été le cas dans cette expérience.

Peter Stevenson ajoute : « En conclusion, le génie génétique et le clonage sont des processus inhumains qui conduisent souvent à des défauts physiques et des problèmes de santé pour les animaux génétiquement modifiés et clonés ainsi qu’à des gestations et des naissances difficiles pour les mères porteuses qui peuvent causer des douleurs et une détresse significatives. »