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COP21 : et après ?

News Section Icon Publié 16/12/2015

Après la COP21, nous avons posé 3 questions à Léopoldine Charbonneaux, Directrice de CIWF France.

À Paris, les leaders mondiaux se sont mis d’accord pour limiter le réchauffement climatique global « nettement en dessous » de 2 °C.
Tout en accueillant favorablement les différents engagements des États à réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’accord de Paris souligne le fait qu’ils ne seront pas suffisants pour contenir l’augmentation de la température en deçà de 2 °C. De bien plus grandes réductions d’émissions sont nécessaires pour atteindre cet objectif.

Pour Léopoldine Charbonneaux, Directrice de CIWF France, il existe un moyen efficace pour atteindre l’objectif fixé à Paris : réduire notre consommation de viande. Il est également nécessaire de revoir notre façon de faire de l’élevage. Voici pourquoi :

Quel rôle l’élevage joue-t-il et peut-il jouer dans la lutte contre le changement climatique ?

L’Accord exige que les pays fassent tout leur possible pour stocker le carbone plutôt que de le laisser s’échapper dans l’atmosphère. Des pâturages bien gérés sont un excellent moyen de stocker le carbone. L’Accord encourage également les Parties à réduire les émissions provenant de la déforestation et à protéger la biodiversité. Nous devons abandonner l’élevage industriel qui nécessite d’énormes quantités de soja et céréales destinés à l’alimentation des animaux. Ces cultures sont une des premières causes de la déforestation et de la perte de la biodiversité. Il nous faut changer notre façon de pratiquer l’agriculture.
L’élevage doit être orienté vers des pratiques basées sur le pâturage et des systèmes intégrés de polyculture-élevage, qui permettent de maintenir un sol de qualité et de stocker de grandes quantités de carbone. Nous ne devons cependant pas étendre nos espaces de pâturage au détriment de la forêt.

Outre les impacts sur le changement climatique, quel rôle joue l’élevage sur la sécurité alimentaire, priorité fondamentale des Accords de Paris ?

L’Accord souligne la « priorité fondamentale de sauvegarder la sécurité alimentaire ». L’élevage industriel implique de nourrir les animaux avec des produits qui pourraient être destinés à la consommation humaine, les convertissant de façon inefficace en viandes et en produits laitiers, entrainant donc une déperdition de calories. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture reconnait que ce gaspillage des cultures (ou des terres arables) menace notre capacité à nourrir la population mondiale croissante*.

A notre échelle de citoyen, quelle mesure concrète peut-on prendre au quotidien pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre ?

Réduire considérablement la consommation de viandes, de produits laitiers et d’œufs est essentiel pour combler l’écart entre les engagements des États pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’objectif fixé par l’accord de Paris.
Il est désormais prouvé qu’une alimentation plus saine, moins riche en viandes et en produits laitiers pourrait réduire d’un quart les émissions et donc contenir l’augmentation de la température en deçà de 2 °C **.

Le message est simple : manger moins de viande, de meilleure qualité et uniquement provenant d’animaux élevés en plein air. C’est bénéfique pour le climat, pour l’environnement, pour la sécurité alimentaire, pour le bien-être animal et pour notre santé.

*FAO, 2013. Lutter contre le changement climatique grâce à l’élevage et L’élevage dans le monde en 2011. Contribution de l’élevage à la sécurité alimentaire. ONUAA

**Bajželj B. Et al, 2014. Importance of food-demand management for climate mitigation. Nature Climate Change http://www.nature.com/doifinder/10.1038/nclimate2353 et Wellesley et al, 2015. Changing climate, changing diets : pathways to lower meat consumption