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Abattoir : un scandale de plus

News Section Icon Publié 17/02/2017

Lors une émission diffusée sur Envoyé spéciale hier, l’association L214 a révélé de nouveaux cas de maltraitances dans un abattoir des Yvelynes. CIWF dénonce ces actes de cruauté intolérables et réitère ses demandes au Ministre de l’agriculture et au 1er ministre pour qu'enfin une réponse à la hauteur de la situation soit apportée.

Des scènes accablantes à l'abattoir d'Houdan (Yveline)

Les images tournées fin 2016 dans l'abattoir d'Houdan, seul abattoir de cochons d’Ile-de-France, montrent une fois encore de nombreuses infractions à la réglementation encadrant la mise à mort des animaux, qui ont entraîné d'immenses souffrances supplémentaires. On peut y voir des employés qui s’acharnent sur des cochons pour les faire avancer dans la rampe très mal conçue qui les mènera au dispositif de gazage : chocs électriques et coups sont distribués sur toutes les parties du corps des animaux, parfois jusqu’à les sonner.

Le calvaire des cochons à l’abattoir de Houdan avec Guillaume Meurice

Vidéo de l'association L214 - Les images sont commentées par Guillaume Meurice, comédien et chroniqueur sur France Inter.

La vidéosurveillance : un outil indispensable... s'il est correctement utilisé

L’abattoir de Houdan est un des premiers abattoirs à avoir installé des caméras de contrôle vidéo mais les images sont uniquement consultées en interne, par le directeur de l’abattoir. Comme le souligne Agathe Gignoux, chargée d'Affaire publique pour CIWF France :

La vidéosurveillance n'est qu'un outil. S'il est mal utilisé, il ne sert à rien. Il ne suffit pas de mettre des caméra pour régler les problèmes de maltraitance en abattoir, encore faut-il que les images soient visionnées au quotidien et par une autorité indépendante, a minima par les services vétérinaires.

La législation doit préciser comment sont fait les contrôles, par qui, à quelle fréquence. Il faut mettre en place un protocole précis, un contrôle quotidien des images et la mise en plae d'une autorité administrative indépendante, dont les membres seraient équitablement désignés par les abatteurs, les services vétérinaires et les ONG.

La vidéosurveillance a été votée à l’Assemblée nationale en janvier dernier dans la loi Falorni, et devrait être rendue obligatoire dans tous les abattoirs au 1er janvier 2018. Mais il faut encore que le texte soit examiné au Sénat avant de devenir définitif, et ce texte seul ne suffit pas : d'autres mesures doivent être appliquées pour que les infractions et la matraitances récurrentes dans les abattoirs français soient sérieusement corrigées. Car malheureusement, le constat est clair : les mesures prises par les autorités françaises pour garantir une meilleure application de la règlementation restent insuffisantes.

Des mesures à prendre de toute urgence

CIWF recommande depuis de longs mois :

  1. La vidéo-surveillance obligatoire avec contrôle indépendant : la vidéosurveillance est un outil indispensable pour aider les vétérinaires et les opérateurs des abattoirs à assurer de bonnes pratiques et un respect de la règlementation sur la protection des animaux en abattoirs. Elle doit être impérativement accompagnée de la mise en place d’un contrôle indépendant, à minima par les autorités d’inspections.
  2. Des contrôles permanents : Il est essentiel de garantir un contrôle régulier du poste d’abattage par des vétérinaires inspecteurs afin de vérifier les conditions de mise à mort des animaux. Cette mesure nécessite un renforcement immédiat des effectifs et le visionnage des images de caméras mises en place pour assurer la surveillance continue du poste d’abattage.
  3. Des sanctions dissuasives : il est nécessaire de renforcer les sanctions administratives et pénales et leur application afin qu’elles soient suffisamment dissuasives pour les établissements d’abattage en infraction.

Le replay de l'émission Envoyé Spécial "Ouvriers d'abattoirs : des bourreaux ou des hommes ?" est disponible ici.