Search icon

CIWF porte son message à l’ONU

Au siège des Nations Unies, à New York,  le directeur de CIWF International a appelé à un accord mondial pour mettre fin à l’élevage intensif.

Philip Lymbery, directeur de CIWF International a eu l’opportunité et le privilège d’intervenir au siège de l’ONU à New York, cet été,  lors d’un forum organisé par le Conseil économique et social des Nations Unies,  pour affirmer la nécessité d’un accord mondial pour mettre fin à l’élevage intensif.

L'élevage intensif est la principale cause de cruauté envers les animaux sur la planète. C'est également un facteur majeur de déclin de la faune, de pollution de l'eau et des sols, de perte de biodiversité, de déforestation, d’inégalités alimentaires, d’accaparement des terres...

Sols et biodiversité

Au cours des quarante dernières années, depuis l'adoption généralisée de l'élevage industriel, la Terre a perdu la moitié de sa faune. La longue liste des victimes comprend les abeilles, essentielles pour polliniser un tiers de notre nourriture dans le monde. Les sols, qui sont essentiels à la culture de denrées alimentaires, sont également en danger. L’ONU prédit que, si nous continuons comme cela, dans moins de 60 ans nos sols seront épuisés, stériles. Pas de terre, pas de nourriture.

Gaspillage

Le gaspillage engendré par l'élevage industriel est inacceptable à l’heure où plus d’un milliard de personnes n’ont pas assez à manger. Les terres arables dédiées à des cultures qui servent à nourrir les animaux d’élevage occupent au total une superficie aussi grande que celle de l’Union européenne (ou la moitié de la superficie des États-Unis). Si l'élevage à petite échelle joue un rôle crucial dans les pays en développement, en contribuant à la survie de plus de 800 millions de petits exploitants pauvres[1]l'élevage industriel à grande échelle aggrave la crise alimentaire.

Plus de 90 % des tourteaux de soja et 60 % du maïs et de l'orge sont cultivés pour l'alimentation des animaux[2]

Nous produisons déjà assez de nourriture pour alimenter correctement plus de 9,6 milliards de personnes. Malheureusement, plus de la moitié de cette nourriture est gaspillée. L’élevage industriel dépend de l’utilisation par les animaux de céréales comestibles par l’être humain. Pour 100 calories données aux animaux sous forme de céréales comestibles par l’homme, nous ne récupérons en moyenne que 17 à 30 calories sous forme de viande ou de lait. Ce système d’alimentation est clairement inefficace. Les animaux devraient se nourrir des pâturages et consommer des résidus de cultures, des sous-produits et la part inévitable du gaspillage alimentaire. Ce mode d’alimentation est efficace car les animaux convertissent des aliments non comestibles par l’être humain en nourriture comestible.

QUELQUES CHIFFRES

  • Au niveau mondial, 25 % des calories sont perdues ou gaspillées après la récolte ou bien au niveau des distributeurs ou des consommateurs.
  • 9 % des calories produites dans le monde sont utilisées pour les biocarburants et d’autres utilisations industrielles.
  • 36 % de la production mondiale de céréales sert à l’alimentation des animaux, mais les trois-quarts sont gaspillés en raison de la faible capacité des animaux à transformer des céréales en viande ou en lait.
  • Si le gaspillage, sous toutes ses formes, était simplement réduit de moitié, on pourrait nourrir les 9,6 milliards de personnes estimées sans devoir augmenter la production mondiale.

Cette intervention de CIWF au siège de l’ONU a été possible grâce à Bonnie Wyper et Jessica Bridgers, fondatrices du groupe thématique sur les questions animales (AITC) aux Nations Unies.

Le chemin est encore long pour aboutir à un accord mondial visant à remplacer l’élevage intensif par un système alimentaire durable.  Mais cette première écoute à l’ONU est un premier signe encourageant.

 

[1] World Bank, 2009. Minding the stock: Bringing Public Policy to Bear on Livestock Sector Development.

[2] Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 2006