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Pour sauver notre planète, il faut mettre fin à l'élevage intensif

News Section Icon Publié 04/06/2019

Face au dérèglement climatique et à l’effondrement écologique, qui sont désormais les principaux défis pour la survie de l’humanité, les solutions doivent intégrer toutes les dimensions du problème. La fin de l’élevage intensif y est une priorité.  

CIWF est porteur de la défense des animaux d’élevage ET de l'environnement. Les deux sont liés. 

Le bien-être animal n'est plus une option

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Le bien-être animal est la clef de voûte de la bataille à livrer pour sauver la planète.  

La cruauté envers les animaux d’élevage et l’effondrement écologique trouvent tous les deux leur origine dans la disparition du lien entre l’Humanité et la Nature. L’élevage intensif a transformé des animaux sensibles en machines à produire, leur infligeant une violence sans précédent et portant un coup fatal à la vie sauvage.  La cruauté envers les animaux d’élevage et la destruction de l’environnement vont ainsi de pair. 

En toute logique, si l’on veut réellement s’attaquer aux causes de l’effondrement mondial, il serait indispensable de mettre fin à l’élevage intensif et de le remplacer par un élevage respectueux des animaux et de la Nature. 

Respecter les besoins des animaux, cela signifie leur permettre d’exprimer leurs comportements naturels dans un cadre préservé, mais aussi développer des écosystèmes diversifiés et restaurer la fertilité des sols. Cela se fera en développant une agriculture à faible empreinte écologique, basée sur la rotation des cultures, l’élevage au pâturage, en plein air ou des méthodes bios. Une production alimentaire raisonnée, loin d’épuiser continuellement les ressources naturelles, permettra au contraire de les régénérer. 

Il faut aussi réduire la production de viande et de lait. Drastiquement.

Les régimes riches en viande et en produits laitiers épuisent les ressources de la planète et mettent la santé humaine en danger. L’élevage intensif pousse à la surconsommation.  Aujourd’hui l’agriculture exploite pratiquement la moitié des surfaces disponibles sur la planète, dont les quatre cinquièmes sont alloués à l’élevage. Et pourtant les produits d’origine animale satisfont à peine plus d’un quart des besoins en protéines de l’humanité, et moins d’un cinquième de ceux en calories : un gâchis phénoménal. La population mondiale s’accroissant, la demande augmentera en parallèle alors que les ressources diminuent : ça n’est simplement plus tenable.  

Une cause commune

Tout est lié : les pratiques d’élevage, l’environnement et l’avenir même de l’humanité sont inextricablement mêlés. Le déclin de la Nature l’empêche de fournir les services indispensables à l’être humain, comme la pollinisation, la régénération des sols et la séquestration du carbone. C’est de plus en plus clair.

On peut évaluer la santé de la planète à l’aide de quelques chiffres sur l’évolution de la vie sauvage. Pendant les 50 dernières années, c’est à dire depuis la généralisation de l’élevage intensif, le nombre de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons sauvages a diminué de plus de moitié dans le monde.

La majorité de ce déclin peut être attribuée à deux aspects de l’élevage intensif.

Le premier aspect relève des conditions d’élevage. Les poulets quittent buissons et prairies pour être enfermés dans des cages.  Les truies, qui préfèrent naturellement élever leurs petits à la lisière des bois sont enfermées dans des cages si étroites qu’elles ne peuvent même pas se retourner. Enfin le bétail est arraché des pâturages pour se retrouver confiné dans des fermes géantes où les animaux sont nourris au grain, plutôt qu’à l’herbe. 

Ce qui semble une bonne idée pour économiser l’espace s’avère en fait contre-productif. En entassant les animaux dans des cages, on doit produire leur nourriture ailleurs, en mobilisant les rares terres arables qu’on asperge de pesticides et d’engrais chimiques. C’est le deuxième aspect nocif de l’élevage industriel. 

Au fur et à mesure de l’industrialisation, de l’expansion des champs agricoles, arbres, buissons et haies ont été éliminés en même temps que les fleurs sauvages, entrainant la disparition des insectes et des graines, puis des oiseaux, chauves-souris et abeilles qui s’en nourrissaient. Même les vers de terre disparaissent, entrainant une baisse de la fertilité des sols.

Ces récoltes servent ensuite à nourrir les animaux d’élevage, gaspillant la majeure partie des calories et protéines qu’elles contiennent lors de leur conversion en viande, lait et œufs. Ce gaspillage permettrait de nourrir à lui seul quatre milliards d’humains. Sans l’élevage intensif, nous pourrions nourrir la population mondiale en utilisant moins de terre arable. 

Alors que la crise planétaire fait rage, on ne peut plus se contenter de résoudre un seul des termes de l’équation: le bien-être animal ou l’environnement. Il nous faut définir de nouvelles approches, qui intègrent à la fois le bien-être animal et la protection de l’environnement pour faire évoluer notre modèle agricole. Des solutions visionnaires qui permettront aux animaux de vivre une vie heureuse, aux campagnes de fournir de manière durable une nourriture saine et abondante. En redéfinissant la place des animaux dans l’agriculture, nous pourrons tout à la fois les respecter  et produire  pour tous une nourriture plus saine. 

La solution

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L’élevage intensif est un des principaux moteurs du déclin de la Nature. Il est urgent de cesser ce mode d’élevage. Il est évident qu’un jour prochain, nos enfants se demanderont comment nous avons pu considérer comme acceptables des méthodes d’élevage qui incluent cages, pesticides, engrais chimiques et monocultures céréalières.

Pourtant, cette méthode industrielle de production, inefficace et profondément destructrice est devenue la norme, la méthode « moderne », alors même qu’elle a été pensée par nos grands-parents. En fait, il s’agit d’idées archaïques, reflétant des pratiques d’un autre âge. Pour notre propre bien, celui des animaux et de la planète, il faut y mettre fin. D'autres modes d'élevages sont possibles et font leurs preuves.

Une nouvelle génération

Le drame de la cruauté envers les animaux n’est plus seulement un problème d’éthique mais devient également la solution à l’un des plus grands défis auxquels l’humanité doit faire face : l’effondrement de l’environnement naturel dont nous dépendons tous

 Il est urgent de relier des objectifs autrefois poursuivis séparément : environnement et bien-être animal.

CIWF continue de combattre en première ligne l’élevage intensif afin de mettre un terme à la souffrance de milliards d’animaux d’élevage, tout en protégeant l’environnement et la vie sauvage.

Notre génération sera jugée sur notre capacité à mettre un terme à l’élevage intensif, à bâtir un avenir décent pour nos enfants et gagner ainsi la bataille pour la planète. 

 

Pour en savoir plus, lire notre rapport élevage intensif et changement climatique