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Le CESE se saisit du bien-être animal

News Section Icon Publié 28/11/2019

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Le 6 février dernier, CIWF était auditionnée suite à l'ICE (Initiative citoyenne européenne) contre les cages, par la Commission agriculture du CESE (Conseil économique, social et environnemental), dans le cadre de la rédaction d’un avis sur : « Les enjeux relatifs aux conditions de transport et d’abattage en matière de bien-être animal ». Cet avis a été présenté et voté hier, mercredi 27 novembre, en séance plénière, par les deux rapporteures. Nous y étions.

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Cet avis a été voté hier à la quasi unanimité !  Il faudrait maintenant que les pouvoirs publics et les filières s'en saisissent. Cela permettrait de rendre nos élevages plus respectueux des animaux et des êtres humains, et plus durables, avec de moindres impacts environnementaux. Le bien-être animal (BEA) est ainsi vu comme le levier d’une transition des élevages.

Des modifications dans les techniques d’élevage

L’avis préconise ainsi :

  • Une réduction des densités ;
  • Une conception des bâtiments avec accès plein air ;
  • La fin de certaines pratiques, telles : la caudectomie, le débecquage des volailles ;
  • La réorganisation des filières avec la fin du broyage des poussins mâles.

La mixité des races est également recommandée, ainsi que la rusticité des animaux en s’appuyant sur les races locales. C'est à dire avoir des bovins qui soient utilisés pour le lait et la viande et pas seulement comme c'est le cas aujourd'hui juste pour le lait ou juste pour la viande. Idem pour les volailles qui sont aujourd'hui selectionnées pour faire soit des oeufs soit de la viande ce qui implique chaque année le broyage de milliards de poussins mâles  qui ne donneront pas d'oeufs.

Le texte intègre une réflexion autour de l'échelon européen, en poussant pour une progression de la réglementation européenne relative au bien-être animal, et en utilisant la PAC (Politique agricole commune, dont la prochaine version, pour la période 2020/2023 est actuellement en cours de négociation) comme levier de la transition vers de nouveaux élevages.

Considérer le BEA de l’élevage à l’abattage

Concernant l’abattage, l’avis propose d’améliorer les conditions de travail des ouvriers d’abattoirs, en diminuant les cadences, et en formant mieux, notamment. L’abattage avec étourdissement doit être rendu obligatoire pour concilier rites et réduction de la souffrance animale. Si le texte souhaite renforcer les contrôles et consacrer des moyens financiers supplémentaires, il émet en revanche de fortes réserves sur l’utilisation des caméras, mesure que nous défendons.

Les temps de transports doivent selon l’avis, être réduits ; pour ce faire, il est recommandé d’assurer un maillage territorial des abattoirs, en intégrant des soutions alternatives (abattoirs mobiles), et le secteur de l’élevage bovin allaitant doit être réorienté sur le marché intérieur. Enfin, afin de garantir de meilleures conditions de transport, il faut renforcer la réglementation relative aux transports d’animaux vivants et intensifier les contrôles.

L’étiquetage : une clé pour le respect du bien-être animal

Combat de longue date de CIWF, les deux rapporteures de l’avis conseillent de créer un étiquetage officiel sur le BEA (élevage, transport, abattage), afin de donner de l’information aux consommateurs, et d’empêcher l’importation de viande ne respectant par le BEA (il faut ainsi également inclure systématiquement le BEA dans les accords de libre-échange pour interdire les importations de viande ne répondant pas aux normes en vigueur en Europe).

Cet avis contient plusieurs recommandations positives et a été voté à la quasi unanimité des conseillers présents. il importe désormais que les autres chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat), ainsi que le gouvernement, s’en saisissent et les implémentent. Pour qu’enfin, le bien-être animal soit au cœur de tous les élevages français.