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Exportations : les animaux trinquent…

News Section Icon Publié 19/02/2020

C’est malheureusement une triste habitude, de nouvelles enquêtes, menées par Animals International (AI) et AWF, sur des animaux partis d’Allemagne, montrent de nombreuses infractions à la réglementation européenne sur les longs transports d’animaux.

Au-delà des faits déjà maintes fois constatés, ces enquêtes montrent l’absurdité totale de l’exportation d’animaux vivants hors de l’UE. Absurdité dont les animaux sont les premières victimes….

Dans un documentaire diffusé hier sur la chaine allemande ZDF, on suit des exemples de parcours d’animaux exportés depuis l’Allemagne.

D’une part, 30 bovins reproducteurs partis de Bavière et transportés jusqu’en Libye, après un périple totalement absurde :

  • De l’Allemagne vers :
  • la Slovaquie, vers :
  • L’Espagne, vers :
  • La Lybie, où ils sont abattus.

Pourtant, l’Allemagne prétend ne pas exporter d'animaux vivants à des fins d'abattage... De fait, des reproducteurs allemands sont régulièrement abattus dans des pays tiers. Les preuves recueillies ces dernières années montrent qu'un système est bel-et-bien en place : les exportateurs exploitent depuis longtemps une faille dans la réglementation en faisant transiter les animaux par d'autres États membres de l'UE et en changeant leurs documents de voyage! C’est ce qui s’est passé dans l’exemple de ces 30 bovins. Cela est rendu possible lorsque les voyages sont autorisés à dépasser huit heures.

Le film relate également le sort de veaux de 15 jours non sevrés, envoyés à un point de collecte en Belgique. De là, sans avoir bénéficié de la période de repos imposée par le règlement de l'UE sur les transports, ils ont été transportés à Vic en Espagne. Huit mois plus tard, Animals International a identifié trois de ces veaux dans un abattoir libanais.

  • De l’Allemagne, vers :
  • La Belgique, vers :
  • L’Espagne, vers :
  • Le Liban pour certains, abattus sur place.

Il est clair que les exportateurs ne respectent pas non plus la loi en ce qui concerne le transport d’animaux non sevrés. Rien qu'en 2018, l'Allemagne a exporté environ 650 000 veaux, dont une proportion élevée vers l'Espagne, directement ou indirectement, via des centres de rassemblement dans d'autres États membres de l'UE. Et ce, alors que la ministre fédérale de l'Agriculture, Julia Klöckner, avait déclaré qu'il n'y avait pas de véhicules adaptés pour transporter ces animaux sur de longues distances.

Il s’agirait de choux ou de carottes, de tels voyages nous paraitraient aberrant ; on parle ici d’animaux  VIVANTS qui, pendant ces transports, souffrent du stress, de la chaleur, de la faim et la soif ! Ces enquêtes montrent à nouveau que la Commission européenne doit absolument réviser la législation et mettre un terme aux longs transports d’animaux hors de l’UE. Pour nous toutes et tous, et en premier lieu pour les animaux d’élevage, mettons de l’ordre dans notre système mondial de production de l’alimentation, et cessons ces circuits d’exportations stupides.