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Impacts sur l'environnement

L'élevage intensif contribue au changement climatique, pollue  et met en péril la biodiversité. En prenant des mesures pour mettre fin à l'élevage intensif et accompagner des modèles alternatifs, nous ne participons pas simplement à une révolution agricole et alimentaire ; nous nous attaquons également à l'un des plus grands défis du monde actuel.

Elevage intensif et climat

L'élevage intensif produit des gaz à effet de serre tout au long de la « chaîne de fabrication » ; en plus de la digestion des aliments, qui produit évidemment des gaz, le défrichement des forêts pour les cultures et pour élever les animaux réduit les puits de carbone vitaux et libèrent les gaz précédemment stockés dans le sol et la végétation.

L’élevage intensif des bovins nécessite deux fois plus d’énergie fossile que l’élevage en pâturage.2

Changement climatique - secheresse
L'élevage industriel exacerbe le changement climatique.

Nous savons maintenant que les activités humaines ont un impact fort sur le changement climatique et qu'elles créent une sérieuse menace pour la planète et ses habitants. Les données actuelles suggèrent que nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans les pays développés d’au moins 80% d’ici à 2050 pour avoir une chance de rester sous le seuil de danger matérialisé par une augmentation moyenne de la température de 2°C1

L’élevage représente environ 14,5 % de nos émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que le secteur mondial des transports.4

Le dioxyde de carbone n'est pas le seul problème

Il n’y a pas que le dioxyde de carbone qui pose problème : des gaz tels que le méthane et le protoxyde d'azote sont également produits en grandes quantités et libérés par différentes sources, notamment les déjections animales et l'utilisation des engrais. L'élevage produit respectivement 37 % et 65 % du méthane et du protoxyde d'azote mondiaux5.

Le potentiel de réchauffement climatique du méthane et du protoxyde d'azote est respectivement 25 fois et 298 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), 20076

Une industrie énergivore

L’élevage intensif nécessite non seulement beaucoup d’énergie pour élever les animaux, mais aussi pour cultiver les grandes quantités d’aliments nécessaires pour les nourrir. Selon une étude publiée par la Royal Society3, l'alimentation est le premier facteur d’utilisation d'énergie dans les élevages intensifs avec environ 75% de l'énergie totale requise. Le reste de l’énergie est utilisé pour le chauffage, l'éclairage, la ventilation...

Le changement climatique va rendre l'agriculture plus difficile

Le changement climatique nuit déjà à la production alimentaire7 et ces impacts devraient augmenter au fil du temps, avec des effets potentiellement dévastateurs. Des températures plus élevées, par exemple, pourraient créer un stress hydrique supplémentaire dans les régions déjà pauvres en eau et rendre l’élevage et les cultures vivrières plus difficiles. Selon la Convention sur la Diversité Biologique8, le changement climatique peut affecter la croissance des plantes et leur production : propagation des ravageurs et des maladies, vagues de chaleur, érosion des sols en raison de vents plus forts.

Une espèce sur 10 pourrait s'éteindre d'ici 2100 si les impacts du changement climatique se poursuivent selon les prévisions actuelles.21

Une contrainte thermique plus forte, le déplacement des moussons et des sols plus secs peuvent réduire les rendements d’un tiers dans les régions tropicales et subtropicales, où les cultures ont déjà atteint leur seuil de tolérance à la chaleur.
Programme des Nations Unies pour l'Environnement, 20019

Elevage intensif et perte de biodiversité

L'élevage intensif met en péril le monde naturel et menace la survie de nombreuses espèces animales et végétales.

Biodiversité en danger
L'élevage industriel, une menace pour la biodiversité

Nous dépendons de la santé des écosystèmes pour notre bien-être général et notre survie. Ils nous fournissent notre alimentation, notre eau et même notre air11. En 199712, un groupe de scientifiques a calculé que les services fournis par nos écosystèmes, s'ils étaient correctement évalués, vaudraient autour de 33 000 milliards de dollars US par an. Malgré cela, la survie d'innombrables espèces végétales et animales dans le monde est actuellement menacée13. Divers facteurs sont à l'origine de cette crise d'extinction, mais l'élevage intensif en est un élément essentiel.

Productions toxiques

L'élevage intensif est à l'origine de divers problèmes de pollution qui fragmentent, voire détruisent, les habitats naturels. Cette destruction peut faire fuir ou même détruire les animaux et les végétaux qui y vivent. Les divers effluents,  d'élevages intensif, comme l'azote et le phosphore par exemple, peuvent être particulièrement problématiques, quand par exemple ils se retrouvent dans les cours d'eau. Cela provoque la prolifération d'algues qui monopolise l'oxygène présent dans l'eau, ce qui peut tuer les plantes et les animaux, voire laisser de vastes « zones mortes » dans lesquelles peu d'espèces peuvent survivre. Une partie de l'azote deviendra gazeux, se transformant en ammoniac par exemple33, ce qui peut acidifier les eaux et porter atteinte à la couche d'ozone. Et nous pouvons aussi être impactés directement car la qualité des approvisionnements en eau peut être menacée34.

L'élevage du bétail est responsable de plus de 60 % de nos émissions globales d'ammoniac. FAO, 200635

169 zones marines ont été classées « zones mortes » depuis 2008. Il y en avait 44 en 1995. L'une des plus grandes se trouve dans le Golfe du Mexique et on a estimé, en juin 2019, qu'elle était de la taille du Massachusetts, soit plus de 22 000 km². 14

La ruée pour la terre

La destruction délibérée des habitats naturels constitue également un facteur considérable de perte de biodiversité. Il faut des terres pour faire pousser la nourriture des animaux d'élevage. Environ un tiers des terres cultivables au monde est déjà dévolu à l'alimentation des animaux15. Malheureusement, comme l'espace pour les cultures est déjà limité, nous assistons à une recherche de terre dans certaines parties de l'Amérique latine et de l'Afrique sub-saharienne, notamment là où se trouvent actuellement des prairies et des forêts, précieuses sur le plan environnemental. Entre 1980 et 2000, une zone représentant plus de 11 fois la taille de la France a été transformée dans les pays en développement en nouvelles terres agricoles – dont plus de 10 % aux dépens de forêts tropicales existantes. Les scientifiques qui ont travaillé sur cette étude ont aussi montré que l'agriculture intensive, plutôt que les fermes familiales, était le principal moteur de ce changement d'affectation16. Le problème n'est cependant pas limité aux régions tropicales ; la pression croissante qui s'exerce sur des terres cultivables autour de l'Europe, par exemple, entraîne la disparition d'un grand nombre de végétaux et d'animaux17.

Les tendances actuelles suggèrent que l'expansion agricole en Amazonie, pour le pâturage et les cultures, détruira 40 % de cette forêt tropicale humide, fragile et vierge, d'ici 2050.
Nature (2006)18

Elevage intensif et pollution

L’élevage intensif pollue les terres, les eaux et les mers, contaminant la nature avec des toxines potentiellement mortelles.

Station de traitement lisier
L’élevage industriel pollue.

Avec des centaines voire souvent des milliers d'animaux entassés dans des lieux clos, les élevages intensifs sont susceptibles de créer toute une palette de pollutions. Ces pollutions peuvent affecter à la fois le milieu naturel, les animaux et les plantes25.

En 2006, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a décrit l'élevage comme «... un des contributeurs les plus importants à la plupart des graves problèmes environnementaux actuels».26

Beaucoup d’animaux signifie beaucoup de nourriture

Des méthodes d'élevage plus traditionnelles sont souvent relativement efficaces pour transformer l'herbe et certains déchets en aliments utiles pour le bétail. Le modèle d'élevage intensif « croissance rapide, rendement élevé » est lui beaucoup moins efficace, car il utilise des quantités considérables de céréales et de soja riche en protéines pour répondre aux besoins en aliments des animaux. Les cultures de céréales reçoivent d'importantes quantités de pesticides et d'engrais riches en azote et en phosphore pour stimuler leur croissance27, mais une grande partie de ces produits peut se retrouver dans les sols et les nappes phréatiques28.

L'élevage bovin américain est responsable d'environ un tiers de l'azote et du phosphore qui se répandent dans les eaux douces du pays. FAO, 200629

Beaucoup d'animaux signifie beaucoup de déchets

Les animaux d'élevage produisent chaque jour de grandes quantités de déchets riches en azote et en phosphore. Ceci peut être une bonne chose : les déchets d'origine animale peuvent servir de fumier et reconstituer le sol de certains nutriments30. Mais dans les élevages intensifs, la concentration d'animaux à l'intérieur de bâtiments clos signifie généralement que les déchets sont fortement concentrés sur des zones relativement restreintes. Si ces déchets ne sont pas correctement gérés et éliminés, et cela arrive, ils se retrouvent dans la nature31.

Certains grands élevages produisent plus de déchets bruts que la population humaine d'une grande ville américaine. US Government Accountability Office, 200832

Et bien d'autres impacts

Les élevages industriels peuvent aussi produire un cocktail de contaminants, notamment des agents pathogènes comme la bactérie E. coli36, des métaux lourds et des pesticides37. Ces contaminants sont une menace potentielle pour notre santé ainsi que celle d'autres animaux et végétaux.

Le lisier de porc est 75 fois plus polluant que les eaux usées domestiques brutes. Archer, 1992

Ne vous fiez pas uniquement à notre parole

Si l’on continue de nourrir de céréales un bétail qui ne cesse de croître, la pauvreté et la dégradation de l’environnement s’en trouveront aggravées.

Olivier De Schutter, ex-Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation (de 2008 à 2014)

L’agriculture s’avère extrêmement vulnérable face au changement climatique. Les températures plus élevées finissent par réduire les rendements des cultures et, à l’inverse, par encourager la prolifération d’insectes ravageurs et de plantes adventices. Des changements dans les précipitations augmentent la probabilité d’obtenir de mauvaises récoltes à court terme et des déclins de production à long terme. Bien que dans certaines régions du monde des cultures seront encore productives, on s’attend à ce que les conséquences générales du changement climatique sur l’agriculture soient négatives et menacent la sécurité alimentaire mondiale.

International Food Policy Research Institute (IFPRI) (2009)10

Les répercussions de l’élevage industriel, comme la pollution, la déforestation et le changement climatique, mettent en péril la survie d’autres animaux et plantes.

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (2006)22

Les élevages industriels… produisent des quantités stupéfiantes de déchets animaux. La façon dont ces déchets sont entreposés et utilisés provoque de graves répercussions sur… l’environnement.

NRDC (2011)38

L’élevage fait partie des secteurs les plus destructeurs de la planète, accentuant notamment la raréfaction des ressources en eau et contribuant, entre autres choses, à la contamination de l’eau avec des déchets animaux, des antibiotiques et hormones, des produits chimiques provenant des tanneries, des engrais et des pesticides chimiques pulvérisés dans les cultures vivrières.

Nations Unies (2010)39

 

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Références

  1. European Commission, 2011. Roadmap for Moving to a Low-Carbon Economy in 2050
  2. Pimental, 2004 (From The Organic Centre, 2006). Impacts of Organic Farming on the Efficiency of Energy Use in Agriculture
  3. The Royal Society, 2010. Energy and the Food System
  4. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  5. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  6. Intergovernmental Panel on Climate Change, 2007. Climate Change 2007: Working Group I: The Physical Science Basis
  7. Nature, 2011. Climate Change Curbs Crops
  8. Convention sur la Diversité Biologique, 2007. La diversité biologique et les changements climatiques
  9. United Nations Environment Programme, 2001. Climate Change Information Sheet
  10. IFPRI (2009), Climate Change: Impact on Agriculture and Costs of Adaptation
  11. Defra, 2011. Ecosystems Services
  12. Nature, 1997. The Value of the World’s Ecosystem Services and Natural Capital
  13. Union Internationale pour la Conservation de la Nature, 2008. La vie sauvage dans un monde en mutation : la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées™
  14. https://reporterre.net/La-zone-morte-du-golfe-du-Mexique-s-agrandit-encore
  15. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  16. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2010. Tropical Forests Were the Primary Sources of New Agricultural Land in the 1980s and 1990s
  17. Birdlife International, 2011. Agriculture in Biodiversity in the EU
  18. Nature, 2006. Modelling Conservation in the Amazon Basin
  19. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2013. Réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à l’élevage: c’est possible
  20. Convention sur la Diversité Biologique, 2007. La diversité biologique et les changements climatiques
  21. National Academy of Sciences, 2010. Recent Ecological Responses to Climate Change Support Predictions of High Extinction Risk
  22. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  23. Birdlife International (2011), Human Actions are Putting Pressure on Species, Sites and Habitats
  24. MEA (2005), Ecosystems and Human Wellbeing
  25. Centre for Disease Control, 2011. Animal Feeding Operations
  26. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  27. Greenpeace, 2011. The Future of Agriculture
  28. Pew Commission, 2008. Putting Meat on the Table
  29. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  30. Fondation européenne pour la science, 2011. European Nitrogen Assessment
  31. Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), 2011. What’s the Problem ?
  32. Government Accountability Office, 2008. Concentrated Animal Feeding Operations
  33. Environmental Integrity Project, 2011. Hazardous Pollution from Factory Farms
  34. USEPA, 2011. Human Health
  35. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2006. Livestock’s Long Shadow
  36. National Resources Defense Council, 2001. Cesspools of Shame
  37. Pew Commission, 2008. Putting Meat on the Table
  38. NRDC (2011), Pollution from Giant Livestock Farms Threatens Public Health
  39. UN (2010), Rearing Cattle Produces More Greenhouse Gases than Driving Cars
  40. UCS (2008), Hidden Costs of Industrial Agriculture

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