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Animaux exportés : quel sort leur est réservé ?

News Section Icon Publié 23/04/2014

La France exporte ses animaux sans se soucier de leur sort - Enquête CIWF en abattoirs au Liban

L'UE exporte environ 3,4 millions d'animaux chaque année - bovins, porcs et moutons - vers des pays non-membres de l’UE. CIWF, en partenariat avec Animals Australia, a mené l'enquête sur le commerce international d'animaux vivants. Cette enquête, axée sur le transport longue distance et la fin de vie des animaux notamment au Liban, révèle des images choquantes sur les conditions d'abattage (attention images difficiles).

Trop de moutons exportés et maltraités

Ces images, tournées en 2013, dans le cadre d’une enquête plus large sur le commerce international d’animaux vivants (transport et devenir des animaux), montrent des conditions d’abattage en violation des normes internationales de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). En effet, l'article 7.5 du Code terrestre de l’OIE exige qu'au moment de l'abattage les animaux soient manipulés de telle façon qu'ils ne subissent aucune blessure, détresse ou souffrance.

La France a exporté plus de 150 000 moutons au Liban entre 2010 et 2013. Si les images filmées dans l'abattoir de la Quarantaine à Beyrouth sont particulièrement choquantes, ces conditions d’abattage ne sont pas un cas isolé. Comme le montrent d'autres enquêtes menées par différentes organisations*, il est fréquent que les animaux exportés vivants subissent de telles conditions d’abattage. Ainsi, plus de 300 000 bovins français ont été exportés à la même période en Turquie, Algérie, Liban, Tunisie, Maroc et Libye. Cette étape est donc la dernière d’un commerce international de grande ampleur où les normes françaises ne protègent pas les animaux et les normes minimales internationales ne sont manifestement pas appliquées.

CIWF persevere dans son action malgré l’inertie des pouvoirs publics

Face à la découverte des ces images épouvantables, CIWF a rapidement mobilisé ses sympathisants européens pour interpeller les autorités libanaises demandant le respect des règles de l'OIE. La mobilisation a été massive, et en moins de deux mois, plus de 130 000  emails ont été envoyés au Ministre de l’Agriculture libanais. De plus, les bureaux de CIWF dans chaque capitale européenne ont pris contact auprès des ambassades libanaises pour obtenir une réaction des autorités compétentes. L’information a été aussi transmise à la Commission Européenne, qui n’a pas réagi, ainsi qu’au Ministre français de l’Agriculture.

Pour faire cesser ces pratiques, CIWF invite la France et l’UE à suivre l’exemple de l’Australie, qui exige que les animaux qu’elle exporte soient traités en conformité avec les recommandations de l'OIE sur le bien-être durant le transport et l'abattage dans les pays tiers. Depuis la diffusion d’images tournées à Gaza, l’Australie a immédiatement réagi et  a suspendu l’exportation d’animaux vivants vers ce territoire.

* Des enquêtes ont été menées par CIWF, Eyes on Animals, Animals Australia, Animal Welfare Foundation et Anonymous for Animal Rights (une association Israélienne) au Liban, en Turquie, Cisjordanie,  Jordanie, Israël, Algérie, Egypte et  à Gaza. Dans chaque abattoir, les pratiques d'abattage étaient extrêmement mauvaises entrainant de grandes souffrances animales. Ces pratiques étaient généralement en violation des normes de l'OIE.