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Annonces de Didier Guillaume sur le bien-être animal : Quelques avancées, des voeux pieux et l’oubli total des cages !

News Section Icon Publié 28/01/2020

Après des mois de promesses d’annonces qui devaient « envoyer du lourd », le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a dévoilé ce matin son programme pour le bien-être animal. Des pistes de progrès sont annoncées mais sans qu’aucun cadre réglementaire ne soit acté pour être sûr que ces annonces ne soient pas que des vœux pieux et sans engagement à revoir les systèmes d’élevage, notamment mettre fin aux cages.  CIWF décrypte ces annonces.

« Interdire le broyage fin 2021 » :

L’annonce du ministre devrait porter plus largement sur l’interdiction de l’élimination des poussins mâles après la naissance (broyage et gazage). La technique du sexage in ovo est l’une des solutions que CIWF soutient au même titre que le développement des souches dites « duales » ou mixtes, comme le font certains rares cahiers des charges actuellement.

Pour mettre fin à cette pratique, il faut une interdiction claire et des moyens.

Et pour que cet engagement ait une portée réelle, il devrait être traduit dans un texte réglementaire et/ou législatif – qu’en est-il ? Le Ministre devrait soutenir l’introduction de cette interdiction dans la loi.

Plus largement quels sont les moyens mis pour que cette échéance soit tenue ? Le délai (d’ici 2021) peut sembler court et on a tendance à douter du réalisme de l’engagement. Il faudrait mettre en place des mesures d’accompagnement, notamment pour que les couvoirs puissent arrêter cette pratique dans ces délais courts.

« Interdire la castration à vif fin 2021 » :

La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives – sauf exceptions pour certaines productions. Car en l’état, la castration reste autorisée, alors qu’il existe des alternatives accessibles : garder le mâle entier ou choisir l’immunocastration.

La prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution : il n’existe aujourd’hui aucune méthode de prise en charge de la douleur qui soit satisfaisante. Toutes les techniques connues aujourd’hui provoquent des douleurs et du stress de manipulation. De plus, le contrôle de leur correcte mise en œuvre par les éleveurs sans présence vétérinaire est une interrogation importante.

Enfin, cet engagement, pour avoir une portée réelle, devrait être traduit dans un texte réglementaire et/ou législatif et bénéficier de mesures d’accompagnement. Le Ministre n’y fait pas référence.  

PAC : « conditionner les financements pour les bâtiments au respect des normes de bien-être animal »

Il est surtout étonnant que soient financés aujourd’hui des bâtiments qui ne respecteraient pas les normes de bien-être animal ! Depuis que la PAC existe, la France n’a jamais ouvert de fonds spécifiques pour des mesures sur le bien-être animal. Alors que d’autres pays le font. L’Allemagne a ainsi financé l’arrêt de la coupe des queues des cochons via un dispositif du Pilier II. Il est grand temps que la France s’y mette…

En l’état il resterait possible de toucher des aides PAC pour une exploitation qui dispose par exemple d’un bâtiment de poules en cage.

Transport : « améliorer les conditions de transport des animaux »

Les mesures proposées en transport maritime sont insuffisantes : nous demandons a minima un Responsable Protection Animale sur les navires qui sont une véritable boite noire (pas de vétérinaire à bord, pas de registre des animaux malades, blessés, morts en cours de voyage…). Il faut aussi et surtout limiter les temps de transports à 8 heures et interdire les exportations d’animaux vivants hors de l’Union européenne pour le remplacer par le transports de carcasses.

Rien sur les cages malgré une forte demande des citoyens

Nous remarquons un grand absent : la question des cages pour toutes les espèces : truies, lapins, veaux et notamment des cages pour les poules pondeuses qui était un engagement du Président Macron. Il faut fixer une échéance à l’arrêt progressif de ce mode de production en cages. De nombreux pays ont déjà emprunté cette voie, comme l’Allemagne qui s’y est engagée pour 2025 pour les poules, la Suède sur les cases de mise bas pour les truies, l’Autriche pour les cages des lapins depuis 2012…

Les Français demandent l’interdiction des systèmes d’élevage en cage. De nombreux sondages d’opinion le confirment : ils sont près de 9 sur 10 à s’opposer à l’élevage en cage.[1]

Ces mesures sont pour certaines intéressantes, mais sans cadre règlementaire ou législatif la question se pose de savoir si elles vont pouvoir être tenues et dans quels délais.

Ces mesures éparses montrent aussi le manque de vision globale du gouvernement qui permettrait de réellement faire évoluer notre système agricole pour qu’il soit plus respectueux des animaux, mais aussi plus durable pour les éleveurs et éleveuses et la planète.

 
Contact presse  

Claire Hincelin – claire.hincelin@ciwf.fr  / 01 79 97 70 53 - 06 26 07 55 43 

 

[1] Sondage IFOP pour CIWF France, Février 2019 https://www.ciwf.fr/actualites/2019/02/salon-de-lagriculture-ni-agribashing-ni-complaisance

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