La loupe

Cantines : l'élevage intensif s'invite en catimini au menu !

News Section Icon Publié 03/03/2021

 

Des organisations environnementales, de protection animale et des représentants d’éleveurs dénoncent le scandale de l’introduction discrète courant janvier de la volaille industrielle dans les produits “durables” des cantines scolaires. En cause : un arrêté du Ministère de l’agriculture qui vient d’autoriser la volaille standard française à obtenir la certification environnementale de niveau 2, une certification permettant à ces productions d’entrer dans les 50 % d’alimentation durable pour la restauration collective de la loi
Egalim. Pour nos organisations, c’est un nouvel écart du gouvernement qui, pour protéger à court terme l’industrie de la viande, détricote la « montée en gamme » promise par le Président de la République.

 

La volaille intensive dans les 50 % de produits “durables”, l’exemple flagrant d’une
aberration

 

La loi “Egalim” du 1er novembre 2018 prévoit, à compter de 2022, que 50 % des produits servis dans la restauration collective soient bio ou « durables ». C’était l’une des ambitions phares des Etats Généraux de l’Alimentation et une promesse du Président de la République : améliorer la qualité et la durabilité des repas proposés en restauration collective. La loi prévoit que les produits bénéficiant de la certification environnementale de niveau 2 puissent être intégrés jusqu’en 2030 dans les 50 %. Or cette certification est très faible au niveau environnemental, ne prévoit aucun critère sur les conditions d’élevage des animaux et facilite les équivalences avec des démarches
privées.
Et ce qui devait arriver arriva : depuis un arrêté du 25 janvier 2021, la charte EVA1 a obtenu la certification environnementale de niveau 2 par le Ministère de l’agriculture. Or cette charte qui sert de “socle minimum” selon les termes de la filière elle-même, comporte de nombreuses limites : aucun critère environnemental, rien sur la provenance des aliments, et aucun critère de bien-être animal.

Tous les élevages intensifs de poulets peuvent donc désormais bénéficier d’un accès protégé au marché de la restauration collective “de qualité” en se targuant d’être “durables” et notamment ceux qui entassent les animaux à 22 par m², alors même que certains pays d’Europe ont interdit le recours à cette dérogation sur les densités, la jugeant contraire au bien-être animal.

A quand plus d’agroécologie au menu ?


Lors du récent débat public sur la PAC, les citoyens ont placé les préoccupations climatiques, environnementales et de bien-être animal au cœur des attentes. De même, la Convention Citoyenne pour le Climat préconise la reconversion de l’élevage vers l’agroécologie et la restructuration des cheptels pour améliorer la qualité de production. Un sondage de février 2021 montre que les Français souhaitent manger une viande de meilleure qualité en moins grande quantité et que le gouvernement adopte des mesures visant à limiter les élevages industriels.
Cette décision d’intégrer l’élevage intensif dans la part “durable” des assiettes de la restauration collective est donc en totale contradiction avec les attentes des français. C’est une supercherie qui décrédibilise les faibles avancées de la loi Egalim en matière de “durabilité” ou de bien-être animal.


Le projet de loi Climat et Résilience qui arrive en débat à l’Assemblée nationale le 8 mars est une opportunité d’exclure définitivement toute production intensive ainsi que la certification environnementale de niveau 2 des 50 % de produits dits de qualité. Plusieurs députés ont d’ores et déjà déposé des amendements en ce sens en Commission.

 

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