Clonage : La France doit dire non

23 juillet 2014

Clonage

Alors que le nouveau Parlement Européen entre en fonction, le clonage des animaux pour l’alimentation est l’un des premiers sujets dont il va s’emparer.

A cette occasion, nous avons rencontré le Ministère de l’agriculture pour qu’il soutienne l’interdiction de l'utilisation d’animaux clonés et de leur descendance et agisse pour renforcer les propositions de la Commission européenne.

Reprise des négociations en Europe

Rouvrant un dossier gelé depuis 2011, la Commission européenne a proposé en décembre dernier un paquet législatif visant à interdire provisoirement le clonage animal à but alimentaire et les produits issus de clones dans l’UE. Cependant, la Commission ne propose ni l’interdiction de l'utilisation des descendants de clones dans la production agricole, ni l'interdiction de la vente de viande et de lait issus de descendants de clones, ni encore d’assurer à minima la traçabilité de ces produits et l’information des consommateurs par un étiquetage obligatoire. La proposition de la Commission est en cela décevante car elle laisse penser qu’elle s’attaque réellement au clonage et ses conséquences alors qu’en réalité, pour ce faire, il faudrait aussi interdire l’utilisation et la production de descendants de clones. En effet, les clones eux-mêmes seront peu nombreux et ne seront généralement pas élevés pour leur viande et leur lait, mais seront utilisés comme animaux de reproduction d’élite alors que leur progéniture, elle, sera utilisée pour la viande ou le lait.

Les négociations sont actuellement en cours au niveau européen. Dans ce contexte, nous avons rencontré le Ministère de l’agriculture pour que la France continue à soutenir l’interdiction de l'utilisation d’animaux clonés et agisse pour renforcer les propositions de la Commission afin d’interdire l’usage des descendants de clones (ou de prévoir à minima un étiquetage permettant d’informer les consommateurs)

Les députés français pour l'interdiction des denrées issues du clonage

Les députés français se sont aussi prononcés mardi 15 juillet contre « la mise sur le marché de denrées alimentaires issues de descendants de clones » et vont le faire savoir à la Commission européenne.

On demande l'interdiction de la mise sur le marché de denrées alimentaires issues de descendants de clones toutes espèces confondues.

Danielle Auroi, députée écologiste du Puy-de-Dôme,
Présidente de la Commission des Affaires européennes

Pour les députés français et une grande partie des consommateurs [1], la consommation d'aliments issus d'animaux clonés « pose des questions éthiques en partie liées au bien-être animal ».

Avec cette prise de position, et suite à notre rencontre au Ministère, nous avons été satisfait d’entendre que la France est déterminée à soutenir une position visant à inclure les descendants de clones, et nous nous en félicitons. Nous restons attentifs et continuerons de suivre de près ce dossier pour que la France ne fléchisse pas dans sa position.

La France va devoir faire preuve de fermeté et de conviction face à d’autres pays européens qui ne souhaitent aucune règlementation, ni interdiction, ni étiquetage, tel que le Royaume-Uni, dont les pouvoirs d’influence sont réels.

Pourquoi la question des descendants de clones est importante ?

Selon la proposition de la Commission, le clonage sera interdit dans l’UE, néanmoins, les semences et les descendants de clones pourront être importés (par exemple des États-Unis ou du Brésil). Cela pourrait amener à étendre rapidement l’usage des descendants de clones dans les élevages européens, et donc encourager le clonage dans les pays où il n’est pas interdit.

L’utilisation des descendants de clones dans l’agriculture européenne conduirait nécessairement à favoriser l’usage d’animaux qui ont été sélectionnés pour leurs taux de rendement et productivité, et cela perpétuerait les graves problèmes de santé qui y sont associés.

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