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3 questions à Melvin Josse

News Section Icon Publié 06/05/2019

CIWF vous présente des membres de son équipe, salariés, bénévoles, partenaires... celles et ceux qui agissent à nos côtés pour des élevages durables et acceptables.

Melvin Josse

Melvin Josse, co-fondateur de CAP (Convergence Politique Animaux) a répondu à nos questions. 

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé à militer il y a une douzaine d’années, auprès de l’association Droits des animaux, via des actions de terrain et des stands de sensibilisation. Après avoir terminé une formation de guide-interprète, j’ai voulu poursuivre des études en sciences politiques, car je trouvais que le mouvement animaliste français cherchait trop peu à agir au niveau des politiques publiques. J’ai ainsi entrepris un master puis un doctorat au Royaume-Uni.

Le sujet de ma thèse concerne la répression du mouvement associatif de défense des animaux en Europe. Dans le même temps, je suis revenu en France et ai travaillé pour CIWF, avant de co-fonder le Parti animaliste puis Convergence Animaux Politique (CAP), une association qui fait le lien entre, à ce jour, plus de 800 associations de protection animale et les décideurs nationaux (parlementaires et exécutif).

Dans le cadre de mes travaux de recherche, j’ai été amené à publier plusieurs essais, dont un livre, Militantisme, politique et droits des animaux, traitant des stratégies politiques développées par le mouvement associatif en France et en Europe.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux animaux ?

Bonne question ! Je ne saurais le dire. J’ai toujours été très sensible à la condition animale et si l’idée d’en faire mon activité principale n’est venue que tardivement, militer pour cette cause a été une évidence très tôt.

Comme beaucoup de gens, j’ai été d’abord révolté par ce que je percevais comme des actes de cruauté individuels, avant de remettre en cause mes propres conceptions vis-à-vis de notre relation aux autres animaux et de comprendre que le problème était plus large et plus profond et que la solution résidait dans une révolution philosophique au niveau sociétal, appelant des décisions collectives et donc politiques. Or le mouvement associatif, en France comme ailleurs, a longtemps essentiellement cherché à susciter des changements de comportements individuels. Une stratégie essentielle, mais qui ne peut être réellement efficace que si elle est pensée conjointement à une stratégie politique.

Quelles sont vos aspirations ?

Ces dernières années, l’opinion publique française a considérablement évolué sur cette question et si nous avons quelque peu rattrapé notre retard à cet égard, la législation n’a quant à elle pas progressé. Il faut donc sensibiliser et mobiliser le personnel politique et cela passe par une action associative plus systématique et mieux concertée. C’est dans cette idée que CAP s’est créée et nous avons depuis l’été 2017 obtenu plus d’une centaine de rendez-vous auprès de parlementaires et de l’exécutif, organisé six événements de rencontre entre associatifs et politiques, renforcé les liens et la coopération entre associations et accompagné ces dernières afin qu’elles développent des supports et une approche adaptés aux décideurs politiques.

Aujourd’hui nous n’avons jamais eu autant de parlementaires sensibilisés et prêts à agir. Les sondages montrent que les Français soutiennent massivement des réformes ambitieuses de notre traitement des animaux et j’espère que nous parviendrons collectivement à traduire un maximum de ces attentes dans le Droit dans les années qui viennent, dans des domaines aussi variés que l’élevage, les spectacles impliquant des animaux, la protection de la faune sauvage, celle des animaux de compagnie, l’expérimentation animale… Ce sont des centaines de millions d’individus qui, rien qu’en France, pourraient être impactés.