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Poules pondeuses

La poule descend d’un oiseau des bois de petite taille et timide, originaire du sous-continent indien. Elle a hérité des mêmes comportements naturels, à savoir gratter et picorer le sol en quête d’insectes et de graines, prendre des bains de poussière, construire des nids et se percher pour être en sécurité.

Mais dans la plupart des élevages, les arbres sont désormais hors de sa portée et la poule pondeuse n’a même pas la possibilité d’exprimer ses comportements les plus élémentaires, comme celui de déployer ses ailes.

Les élevages intensifs se sont en effet multipliés après la deuxième guerre mondiale, avec pour objectif principal la productivité des poules. Elles sont alors confinées dans des cages, dans des bâtiments fermés, sous un faible éclairage artificiel, et considérées comme simples unités de production. Heureusement, d'autres systèmes d'élevage représentent une alternative viable à l'élevage en batterie comme le plein air, Label Rouge ou biologique.

58 % des poules en France encore élevées en cage*

En France, plus de 33 millions de poules passent leur courte vie de pondeuse (environ 1 an), dans de petites cages collectives alignées sur plusieurs étages dans de vastes hangars sans fenêtre. Chaque bâtiment peut contenir jusqu’à 70 000 poules.

Depuis le 1er janvier 2012, la réglementation européenne interdit les cages conventionnelles mais autorise cependant encore les cages dites aménagées, qui présentent des améliorations vraiment marginales ! Une cage reste une cage :

  • légère augmentation de l’espace par poule (750 cm² contre 550 cm², soit la surface d’une carte postale en plus) ;
  • addition d’aménagements de type perchoir, nid artificiel, bac à poussière et grattoir.

Ces aménagements sont bien loin de répondre aux besoins des poules, qui ne sont toujours pas en mesure d’exprimer leurs comportements naturels les plus fondamentaux : gratter le sol, construire un nid, prendre un bain de poussière, déployer leurs ailes. La hauteur réduite des cages (45 cm) ne permet pas d’avoir des perchoirs assez hauts pour répondre aux besoins de sécurité qu'éprouvent les poules, pour qui se percher en hauteur est indispensable. Une cage, aménagée ou pas, reste une cage.

Piquage de plume et becs coupés

Poule débécquée
Poule débecquetée

Cet environnement appauvri associé à une forte promiscuité peut engendrer des troubles du comportement, comme le picage des plumes, voir le cannibalisme. Afin de prévenir ces comportements, les becs des poules sont coupés (à la lame chauffante ou par infra-rouge). Cette opération réalisée sans anesthésie provoque des souffrances intenses, souvent durables.

Os fragilisés

Les poules pondent aujourd'hui près de 300 œufs par an, deux fois plus qu’il y a 50 ans. Ces rythmes de ponte intenses accaparent le calcium présent dans l'organisme des poules pour la formation des coquilles. Les poules ont les os fragilisés et souffrent souvent d'ostéoporose, ce qui augmente le risque de fractures pouvant toucher jusqu’à 30% des poules pondeuses en cages.

Lors de la visite quotidienne réglementaire, il est difficile pour l’éleveur d’apprécier l’état sanitaire de chaque oiseau, surtout dans les cages supérieures ou mal éclairées. Des oiseaux blessés peuvent rester sans soin et mourir.

Salmonellose

Une enquête de l'Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu que les oeufs pondus par des poules en cage sont plus susceptibles d'être contaminés par la bactérie Salmonella que ceux pondus par des poules dans les systèmes sans cage.

*source ITAVI

Les élevages alternatifs

D'autres systèmes d'élevage représentent une alternative viable à l'élevage en batterie. En France, environ 34.3 % des poules bénéficient d’un élevage plus respectueux de leur bien-être : plein air 16,4%, Label Rouge 5%, ou biologique 12,9%. (chiffres de 2018, source CNPO)

Les poules dites « plein air » sont élevées dans des bâtiments dans lesquelles la densité maximale autorisée est de 9 poules/m² (6 poules/m² en bio). Dans tous les cas, les poules bénéficient d’un éclairage naturel ainsi que de litière, de perchoirs et de nids.

Les poules ont un accès à l’extérieur, sur un terrain partiellement couvert de végétation, et disposent d'au moins 4 m² chacune sur ce parcours. Les activités d’exploration, de grattage et de picorage sont les activités préférées des poules et elles y consacrent la majorité de leur temps. Cet accès à l’extérieur est donc essentiel pour leur bien-être.

Il existe également un élevage au sol, qui représente 7% des élevages. C’est un mode de production sans cage, mais qui ne permet pas aux poules l'accès à un parcours extérieur. Elles restent enfermées à l'intérieur de hangars aménagés de perchoirs.

Comparaison des modes d’élevage des poules pondeuses

Les différents modes d'élevage des poules pondeuses
  Cage Au sol Plein air Plein air Label Rouge Plein air bio
Code 3 2 1 1 0
Densité en bâtiment 750 cm² /poule 9 poules/m² 9 poules/m² 9 poules/m² 6 poules/m²
Parcours extérieur Non Non 4 m²/poule 5 m²/poule 4 m² /poule
Taille du cheptel Pas de limite (moyenne 50 000, peut aller jusqu’à 100 000 et plus) Pas de limite (peut aller jusqu’à 20 000 et plus) Pas de limite (peut aller jusqu’à 15 000) 6000 par bâtiment 3000 par bâtiment
Accès à l’extérieur Non Non Oui Oui Oui

Comment agir ?

En tant que consommateur, vous pouvez participer au développement de ces filières de production respectueuses du bien-être des poules pondeuses :

  • Parlez-en autour de vous et diffusez nos informations.
  • Achetez responsable : choisissez les œufs codés 0 ou 1, signifiant le « plein air ». Privilégiez les produits finis (gâteaux, quiches, pâtes, sandwich etc.) spécifiant l’utilisation d’œufs de plein air. Sauf mention contraire sur l'emballage, les œufs utilisés dans la fabrication de ces produits proviennent généralement de poules élevées en cage.
  • Découvrez les Trophées Les Œufs d’Or, qui récompensent les entreprises s’engageant à utiliser des œufs de poules issus d’élevages hors-cage.
  • Voir le témoignage de David Léger, éleveur de poules bio et fermier