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Enquête : exportations vers la Turquie 2ème partie

News Section Icon Publié 26/09/2016

Une nouvelle enquête révèle la souffrance des animaux d’élevage européens bloqués dans un no man’s land à la frontière turque. Après plusieurs milliers de kilomètres, les animaux exportés vivants vers la Turquie se retrouvent bloqués pendant parfois des jours et des nuits à Kapikule, la frontière turque, enfermés dans les camions. Déshydratés, blessés, certains particulièrement fragiles, comme des femelles prêtes à mettre bas, ne finiront pas le voyage. Alors que le gouvernement français négocie avec la Turquie pour développer ses exportations, CIWF, soutenu par déjà plus de 70 000 citoyens français, demande à Stéphane Le Foll l’interdiction des exportations d’animaux vivants vers la Turquie

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Une nouvelle enquête pour dénoncer les exportations d’animaux vivants vers la Turquie

Cette nouvelle enquête, tournée à la frontière turque par Animal Welfare Foundation, Eyes on Animals et Tiershutzbund Zurich est diffusée en France en exclusivité par CIWF. C’est la deuxième partie de l’enquête que nous avions dévoilée en février dernier. Elle révèle la souffrance des animaux d’élevage européens bloqués à la frontière turque, en plein été.

Voir la vidéo de l’enquête (attention, images choquantes) : https://youtu.be/CnqA0WpUlLw


Du 23 au 29 juin 2016, les équipes ont vu environ 200 camions passer la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Elles ont inspecté 109 d’entre eux. Les animaux venaient de différents pays d’Europe (France, Allemagne, Estonie, Italie, Lituanie…). Les violations de la réglementation à la frontière entre l'UE et la Turquie sont quotidiennes (camions non adaptés, températures dépassées, animaux blessés, temps de transports dépassés…). Pourtant, ni la Commission européenne, ni les États membres n'interviennent. En 2015, la France était le 1er exportateur d’animaux vivants vers la Turquie et elle s’organise pour développer et augmenter ces exportations vers ce pays. CIWF renouvelle sa demande auprès de Stéphane Le Foll pour interdire ces exportations vers la Turquie.

Action de CIWF : ciwf.fr/Turquie


La frontière turque, un no man’s land pour les animaux

Bloqués à la frontière turque pendant souvent plusieurs jours, les animaux restent enfermés dans les camions ayant servi à leur périple, piétinant leurs excréments, respirant l’ammoniac qui s’en dégage, sans assez d’espace pour se coucher ou même se mouvoir. Les températures dans les camions peuvent atteindre 38°C. Il n’y a pas de zones ombragées à la frontière, et les systèmes d’abreuvement ne sont souvent pas adaptés ou souillés. Ne pouvant boire, ils se déshydratent très rapidement. Ils lèchent désespérément les barreaux, les grilles, et certains en viennent à se nourrir au sol, de leurs excréments. Les animaux malades ou trop fragilisés sont laissés à leur propre sort. Ceux succombant à leurs souffrances sont laissés tels quels au milieu de leurs congénères.

Durant cette semaine d’enquête, 5 femelles gestantes ont donné naissance à leur petit dans les camions. L’un d’entre eux n’a pas survécu. La mère non plus. Les images dont certaines sont très choquantes, montrent l’agonie de cette vache qui doit subir une césarienne en pleine rue. Après avoir tenté de la remettre dans le camion, sans même avoir été recousue, elle a finalement été abattue en plein conscience. 


L’exportation d’animaux vivants vers la Turquie est contraire aux lois européennes

L’article 3 du Règlement (CE) n°1/2005 sur le bien-être des animaux pendant leur transport précise clairement les principes suivants qui doivent être appliqués :

  • Pour des raisons liées au bien-être des animaux, il convient que le transport de longue durée des animaux, y compris celui des animaux d'abattage, soit limité autant que possible.
  • Nul ne transporte ou ne fait transporter des animaux dans des conditions telles qu'ils risquent d'être blessés ou de subir des souffrances inutiles
  • de l'eau, de la nourriture et des périodes de repos sont proposés aux animaux à intervalles réguliers et sont adaptés, en qualité et en quantité, à leur espèce et à leur taille.
  • les moyens de transport sont conçus, construits, entretenus et utilisés de façon à éviter des blessures et des souffrances aux animaux, et à assurer leur sécurité;
  • une surface au sol et une hauteur suffisantes sont prévues pour les animaux, compte tenu de leur taille et du voyage prévu

Des infractions à tous ces points ont été constatées lors de l’enquête.

De plus, en avril 2015, dans un arrêt historique, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a précisé que le règlement s’applique aux animaux même une fois qu’ils ont quitté l’Union Européenne. La responsabilité des autorités françaises est donc engagée sur l’intégralité du transport des animaux, jusqu’à leur destination finale.

Pour Aurélia Greff, responsable de campagne pour CIWF France, « La réglementation sur le transport des animaux vivants hors de l’UE est trop souvent ignorée et impossible à respecter et contrôler. Ce commerce cruel doit tout simplement être interdit.» 


En 2015, la France était le 1er exportateur européen d’animaux vivants vers la Turquie.

Plus de 80 000 animaux français ont été exportés vivants en Turquie pour y être engraissés ou abattus en 2015. Les exportations ont été temporairement réduites en raison de la fièvre catarrhale ovine (FCO), mais les négociations ont repris cet été avec les autorités turques pour que la France puisse renforcer ses exportations vers la Turquie. Du 5 au 7 octobre, les acteurs des filières se retrouveront au sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, qui se veut être « un carrefour d’affaires internationales ». CIWF appelle les citoyens à écrire au Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll pour lui demander de faire cesser les exportations d’animaux vivants vers la Turquie.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus large appelant à remplacer le commerce européen d’animaux vivants vers des pays tiers par l’exportation de viande. Déjà, 115 eurodéputés soutiennent cette campagne et demandent, à nos côtés, la fin de ces exportations.

Cliquer ici pour voir la liste des eurodéputés français engagés.

Contact presse
Claire Hincelin – claire.hincelin@ciwf.fr / 01 79 97 70 53 - 06 26 07 55 43

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