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Cochons & truies

Pour être heureux, un cochon doit vivre en groupe, avoir une place bien sèche pour dormir et une autre pour déféquer. C’est un animal intelligent qui peut apprendre très vite et est extrêmement curieux. Il a besoin d'un environnement riche et stimulant. Il aime fouiller le sol pendant des heures en quête de nourriture. Mais le porc est un animal fort mal loti, vu ses conditions en élevage intensif.

La législation européenne, pourtant insuffisante à nos yeux en matière de bien-être animal, n’est la plupart du temps pas suffisamment appliquée en France.

95% sont dans des bâtiments surpeuplés, sur caillebotis, sans paille, mutilés...

95% des porcs sont en élevages intensifs

Les porcelets sont retirés de leur mère vers trois/quatre semaines, alors que l'âge naturel de sevrage se situe vers 3-4 mois. Ils sont mis dans des groupes destinés à l'engraissement. Le stress, la maladie et les conflits surviennent souvent lorsque les porcelets sevrés sont brusquement mélangés avec des porcelets non familiers.

Dans leur première semaine de vie, les porcelets subissent :

  • la coupe ou le meulage des dents ;
  • la coupe de leur queue ;
  • la castration pour les mâles.

Ces opérations sont quasi systématiques en France, sans prise en charge de la douleur.

Un environnement appauvri

Les porcs sont élevés à l'intérieur, souvent dans des bâtiments surpeuplés, sur du béton nu ou sur caillebotis intégral (sol ajouré pour évacuer les excréments), sans litière. Depuis 2003, le « milieu de vie » des cochons doit être enrichi par des matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation : paille, foin, bois, sciure... Dans les faits, peu d'élevages se conforment à cette obligation communautaire ou bien optent pour des objets inadaptés, tels que des chaînes. Ces objets ne permettent pas des activités de recherche et de manipulation suffisantes. Par ennui et frustration, les porcs se tournent vers la seule autre «chose» dans leurs enclos nu : ils mâchent puis mordent les queues des autres porcs.

La coupe des queues

Pour prévenir ces troubles du comportement imputables aux mauvaises conditions d’élevage, les éleveurs coupent à vif les queues des porcelets. Selon la réglementation en vigueur, cette opération ne devrait pas être systématique. Pourtant elle l’est dans la majorité des cas.

La castration des mâles

La chair des porcs est susceptible de dégager en cours de cuisson une odeur désagréable. Bien que cette odeur ne se développe que chez un faible pourcentage de mâles non castrés, en France, on castre la quasi totalité des porcs sans prise en charge de la douleur. D’autres pays ont développé des alternatives à la castration :

  • La castration a été interdite en Norvège en 2009.
  • Au Pays-Bas et en Suisse, l'anesthésie est obligatoire avant la castration depuis respectivement le 1er janvier 2009 et 2010.
  • La castration n'est généralement pas effectuée au Royaume-Uni ni en Irlande.
  • La majorité des porcs mâles en Espagne et au Portugal ne sont pas castrés.
  • La Hollande s'achemine progressivement vers la fin de la castration et les nez en abattoirs se développent afin de trier les carcasses.

En janvier 2013, CIWF a mené une enquête dans des élevages de porcs en Espagne. Ce qu’ils qu'ils ont découvert est choquant : découvrez les résultats de nos enquêtes dans 6 pays européens.

Les truies

On élève des truies dites reproductrices ou gestantes pour obtenir des porcelets. Les truies sont inséminées artificiellement deux fois par an.

Les cases de gestation

Les cases de gestation sont totalement interdites au Royaume-Uni depuis 1999 et partiellement dans tous les États membres de l’Europe depuis 1er janvier 2013 : les éleveurs sont toujours en mesure d'utiliser ces cases pendant les quatre premières semaines et la dernière semaine de gestation.

Ces cinq semaines sont encore de trop. Ces stalles métalliques individuelles posent de nombreux problèmes pour leur bien-être :

  • sol en béton nu et caillebotis (sol ajouré pour évacuer les excréments) source de blessures, de boiteries, d’inconfort et empêchant un comportement normal de fouille ;
  • espace insuffisant pour se retourner, faire plus d’un ou deux pas ou se coucher confortablement ;
  • confinement source de stress et d’ennui pour ces animaux très sociaux.
  • ennui et faim, source de comportements stéréotypés tels que le mâchonnement des barreaux.

Les truies gestantes sont également sévèrement rationnées et reçoivent une alimentation très concentrée, ingurgitée en quelques minutes seulement. Elles ont constamment faim. L’apport de paille, riche en fibres, augmenterait la satiété ainsi que la durée de la prise alimentaire et permettrait également aux truies de fouiller le sol, comportement naturel de l’espèce.

Les cages de mise bas

Quelques jours avant la mise bas, la truie est déplacée dans une cage de mise-bas sans litière dans laquelle elle ne peut pas bouger ni suivre son instinct de construire un nid. Elle donne naissance à une douzaine de porcelets dont elle ne peut s’occuper correctement, l'interaction entre eux étant fortement limitée par cette cage. Elle y reste jusqu'au sevrage des porcelets, en général trois semaines après la naissance.

Des élevages alternatifs variés

Des élevages alternatifs prenant en compte le bien-être des cochons existent, mais ne représentent qu’un très faible pourcentage de l’élevage porcin. En France, moins de 5% des élevages sont des systèmes alternatifs et moins de 1% est en plein air. Les animaux élevés en plein air disposent d’abris, généralement des petites cabanes en tôle paillées à l'intérieur. Il existe aussi des élevages en bâtiments paillés, avec suffisamment d’espace par animal et sans mutilations. 

Les porcs fermiers élevés en plein air ou en liberté ou les porcs biologiques ont un accès au plein air. Dans les meilleurs systèmes d’élevage, les truies comme les porcs à l’engraissement sont élevés à l’extérieur ou sur paille. Ils ont plus d’opportunités d’exprimer leurs comportements naturels.

De plus, les truies doivent être élevées en groupe durant la plus grande partie de leur gestation. Les porcelets restent avec leur mère plus longtemps (jusqu’à 6 à 8 semaines). On évite de mélanger les cochons qui ne se connaissent pas et la coupe de la queue n’est pas pratiquée dans les élevages biologiques et certains élevages plein air. Les porcs sont moins stressés au sevrage, ont plus d’espace et sont sujets à moins de stress et conflits sociaux.

Agissez en faveur du bien-être des porcs et des truies

Vous pouvez contribuer au développement de ces filières de production prenant en compte le bien-être animal.

  • Achetez responsable : sélectionnez les labels "Porcs biologiques", "Porcs fermiers élevés en liberté Label Rouge", "Porcs fermiers élevés en plein air Label Rouge". Attention, pour les produits Label Rouge, il est essentiel que figure bien la mention “élevé en liberté” ou “en plein air”. Vous pouvez aussi rechercher la mention "porc sur paille".
  • Découvrez les Trophées Porcs d’Or, qui récompensent les marques et enseignes qui font le choix de s’approvisionner en porc issus d’élevage plus respectueux du bien-être des animaux.
  • Voir le témoignage d'un éleveur de porcs plein air