La Commission Européenne refuse d’agir

02 juin 2015

Cochon regardant au-dessus de son enclos

Nous sommes profondément déçus que la Commission Européenne ait refusé d’agir pour réduire la souffrance des millions d’animaux au moment où ils sont le plus vulnérable, c’est-à-dire à l’abattoir.

Nous voulons que tous les abattages soient réalisés de façon humaine, ce qui veut dire que les animaux doivent être correctement étourdis avant d’être abattus.

 

Chaque année en Europe, un milliard de poulets sont mal étourdis

Une grande partie des poulets en Europe ne sont pas étourdis correctement avant d’être abattus, ce qui est un véritable scandale. Dans certains cas, les chocs électriques destinés à les étourdir ne sont pas conformes à la loi européenne. Dans d’autres cas, même si les paramètres exigés par la loi sont bel et bien respectés, ceux-ci ne sont pas appropriés pour les étourdir de manière efficace.

Un étourdissement mal réalisé pose sérieusement atteinte au bien-être animal. Les volatiles subissent un choc électrique qui n’aboutit qu’à les immobiliser, ils restent donc pleinement conscients au moment où ils ont le cou tranché. Par ailleurs, un étourdissement inefficace peut aussi rendre les animaux inconscients pendant une période trop courte, ce qui signifie qu’un certain nombre d’entre eux reprennent connaissance avant leur abattage. Nos découvertes sont confirmées par des preuves scientifiques indiscutables.

Nous avons exposé ce problème auprès de la Commission Européenne mais nous avons reçu cette réponse sans intérêt : « Je prends note de vos préoccupations mais ne peut que vous répéter que la Commission considère les preuves scientifiques insuffisantes pour modifier les paramètres électriques en question. »

Un amendement de la loi est nécessaire de toute urgence. Nous allons continuer de faire pression sur la Commission Européenne à propos de ce grave problème.

Des millions de cochons étourdis par gaz CO2 avant leur abattage, souffrent

Depuis 1996, des recherches scientifiques démontrent clairement que l’utilisation de fortes concentrations de CO2 pour étourdir les cochons est une pratique profondément choquante et qui engendre une détresse respiratoire sévère. Pourtant, aucune alternative n’a été cherchée. Les scientifiques nous affirment avoir tenté maintes fois d’obtenir des aides financières pour chercher des alternatives dans ce domaine, en vain. Nous craignons que de nombreux abattoirs, qui changent leur système d’étourdissement, optent pour le gaz CO2.

Au Royaume-Uni, un rapport publié en 2011 par la Food Standards Agency (Agence des normes alimentaires) a montré que 50 % des cochons étaient gazés au CO2.

La Commission a déclaré : « L’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments rendu en 2014 a effectivement signalé que l’utilisation du dioxyde de carbone n’était pas optimale pour le bien-être des cochons. » Pour autant, la Commission n’a pas proposé de mettre fin à cette pratique inhumaine car il n’est pas « économiquement viable » d’arrêter le gazage par CO2 et elle continue d'ignorer son obligation à travailler avec les États membres pour améliorer le bien-être des cochons au moment de l’abattage.

Nous exhortons la Commission à prendre des mesures, conjointement avec l’industrie de la viande, pour s’assurer que des ressources considérables soient consacrées au développement urgent d’une meilleure méthode d’étourdissement des cochons avant leur abattage. Nous demandons en particulier la Commission de :

  • Financer un groupe de spécialistes pour trouver une alternative respectueuse des animaux ;
  • Fixer une date pour supprimer progressivement le gazage par CO2 et la mise en place de meilleures méthodes.

Chaque année, deux millions d’animaux européens exportés vers le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et la Turquie sont abattus de manière abominable

Tous les ans, des millions d’animaux sont exportés vivants hors de l’Union Européenne vers des pays tiers. Des centaines de milliers d’entre eux sont envoyés vers la Russie, la Turquie, les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Ces trajets horriblement longs doivent cesser une bonne fois pour toutes et être remplacés par un commerce de viande surgelée ou réfrigérée.

Lorsque les animaux européens sont exportés hors de l’UE, ils laissent derrière eux le peu de protection juridique dont ils disposaient. Les conséquences peuvent se traduire par des bâtiments insalubres, des manipulations brutales, des systèmes de confinement barbares, et un abattage lent et douloureux.

La Commission Européenne répond qu’elle ne pouvait pas vérifier que le bien-être animal était bien respecté : « …en vertu du cadre législatif actuel, ni l’UE ni les États membres ne sont compétents pour réaliser les contrôles nécessaires qui seraient exigés par les pays tiers pour vérifier la conformité. »

En Europe, la plupart des poissons d’élevage sont abattus de façon inhumaine et illégale

Nous avons informé la Commission Européenne que, depuis décembre dernier, celle-ci était tenue par la loi de produire un rapport sur la protection des poissons au moment de leur abattage tout en prenant en compte les aspects du bien-être animal. Nous avons sollicité une mise à jour de ce rapport et l’on nous a répondu que : « Toutes les préoccupations sur les politiques en matière de bien-être animal sont toujours à l’étude, y compris le rapport que vous avez mentionné dans votre lettre. Par conséquent, je suis navré de ne pas pouvoir vous répondre à l’heure actuelle. »

Il n’est pas acceptable que la Commission Européenne essaye de gagner du temps sur ce rapport capital.

Des millions de moutons et de chèvres sont abattus hors abattoir sans étourdissement ni la moindre inspection

Personne ne sait vraiment le nombre et le pourcentage d’établissements habilités ou non habilités, mais il est certain que de nombreux animaux sont abattus dans des lieux non habilités. C’est un grave problème de santé publique, de santé animale et de bien-être animal.

Sous la pression des autorités locales, de nombreux pays ont modifié leurs réglementations (hygiène, environnement) pour fixer des standards moins élevés et permettre aux abattoirs de poursuivre leurs activités plus facilement. C’est pourquoi de nombreux abattoirs « non habilités » sont désormais considérés comme habilités. Cette situation semble se produire un peu partout en Europe.

La Commission Européenne doit agir pour veiller à ce que tous les animaux soient abattus de la façon la plus humaine possible.

La Commission Européenne refuse d’écouter

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a indiqué, en réponse à la question sur l’exportation d’animaux vivants, qu’il ne se laisserait pas « intimider par 500 textos que j’ai reçu sur mon téléphone tout au long de la journée sur le problème des animaux d’élevage et du bien-être animal. »

« Si vous croyez que cela va marcher avec moi, vous vous trompez. C’est un outil de campagne dont on peut très bien se passer à ce stade. »

Comment agir ?

Interpellez la Commission Européenne au sujet de son refus de s’occuper sérieusement de la souffrance des animaux au moment de l’abattage.


Partager cette page

Tags