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Examen de la PAC : le changement, ce n’est pas pour maintenant…

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News Section Icon Publié 04/04/2019

Mardi 2 avril 2019, les députés européens membres de la Commission Agriculture ont voté sur la future Politique Agricole Commune (PAC), actuellement en cours de révision. Une occasion de changer et de construire un nouveau modèle d’agriculture et d’élevage. L’occasion idéale pour mettre fin aux subventions à l’agriculture industrielle et de promouvoir réellement des pratiques respectueuses du bien-être animal. Une occasion… complètement manquée.

De nombreux citoyens s’étaient mobilisés en amont de ce vote, notamment autour d’une pétition proposée par WeMove relayée par CIWF.

Deux amendements pouvant être positifs sur le bien-être animal ont été votés, en particulier l’inclusion du bien-être animal dans les « eco-schemes » au sein du premier pilier – permettant ainsi l’incitation par des paiements pour des pratiques allant au-delà des standards minimums règlementaire. Pour le reste, la Commission Agriculture a choisi d’ignorer les autres recommandations sur le bien-être animal votées en Commission Environnement. Ce vote conforte une position opposée à toute évolution de la PAC.

Les mesures adoptées ne permettent pas de changer en profondeur le système agricole et d’élevage. Ainsi les députés de la commission agriculture n’ont rien changé au fait que les subventions à l'agriculture et les programmes de soutien du marché, encouragent la production agricole intensive en Europe et des élevages industriels en violation répétée des règles minimales de protection des animaux. Par exemple, une majorité d’élevages de porcs qui pratiquent la coupe de queues des cochons en routine, reçoit actuellement des financements de la PAC.

Elle a aussi voté pour empêcher les producteurs de substituts de viande et de produits laitiers à base de plantes de nommer leurs produits «steak», «saucisse», «beurre» ou «burger», malgré l'opposition exprimée dans une lettre conjointe par de nombreuses ONG. N’y a-t-il pas plus important pour sauver nos élevages et réformer notre système agricole et alimentaire pour le rendre plus durable ?

Alors que 2 commissions se partagent la compétence sur le vote de la PAC : environnement et agriculture, cette dernière a choisi d’ignorer les recommandations faites par la commission environnement sur le bien-être des animaux, qui préconisait de nombreuses mesures utiles, notamment :

  • de limiter les subventions destinées aux élevages industriels ;
  • de viser la réduction des densités dans les élevages et des infractions commises par des bénéficiaires de subvention ;
  • d’inclure toutes les directives et règlements sur la protection animale (y compris poulet de chair ou abattage) dans la conditionnalité – rendant obligatoire le respect de ces règlementations pour pouvoir obtenir les paiements de base versés aux agriculteurs.

Ce décalage montre le manque de vision partagée au sein de l’Union européenne concernant notre modèle agricole. La PAC est examinée tous les 7 ans, il importe que la prochaine permette enfin de construire un autre modèle que celui qui existe aujourd’hui, au dépend des animaux d’élevage, de nombreux agriculteurs, de la Planète et des consommateurs.

Nous resterons mobilisés, notamment au sein de la « Plateforme pour une autre PAC », dont nous sommes membre avec 34 autres associations pour construire cet autre modèle.