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Fêtes de Pâques et transports d'ovins

News Section Icon Publié 07/04/2020

 

Dans quelques jours, les chrétiens du Monde entier fêteront Pâques, une des fêtes les plus importantes de leur calendrier. La tradition veut qu’à cette occasion soit servi comme plat de fête un agneau. Tradition que l’on retrouve aussi dans les fêtes musulmanes. De très nombreux animaux sont ainsi consommés à ces occasions. Pour répondre à la forte demande sur certains marchés, ces animaux sont souvent transportés vivants, parfois sur de très longues distances. Au total, chaque année, plus de trois millions de moutons sont transportés par route et par mer.

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(c) Animal Welfare Foundation/Tierschutzbund Zurich

Dans l’Union Européenne, les principaux pays exportateurs sont la Roumanie, la Pologne, la Hongrie et l'Espagne, tandis que l'Italie et la Grèce sont les plus gros importateurs, et le Moyen-Orient, la Turquie et Israël - les plus gros importateurs hors UE. La majorité des moutons transportés sont des agneaux de moins d'un an.

La France n’est pas en reste puisqu’en 2019, elle a exporté :

  • 340 544 ovins vers l’Espagne, premier pays d’exportation ;
  • 94 220 ovins vers l’Italie
  • Et hors de l’Union européenne, 19 653, majoritairement vers Israël.
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(c) Animal Welfare Foundation/Tierschutzbund Zurich

Les associations AWF et TSB ont suivi plusieurs transports d’ovins, lors de leurs transports vers l’Italie. Elles ont constaté de nombreux problèmes et infractions à la réglementation à bord des véhicules :

  • Stress dû au froid ou à la chaleur ;
  • Dispositifs d'abreuvement inadéquats pour les agneaux, accès restreint aux abreuvoirs
  • Litière inadéquate ;
  • Conception inadéquate des véhicules, ce qui fait que les agneaux se coincent la tête ou les jambes dans les éléments métalliques du véhicule ;
  • Espace et hauteur insuffisants, les animaux ne pouvant pas se coucher ni se tenir dans une position naturelle ;
  • Temps de trajet maximum dépassé ;
  • Documentation non réglementaire et itinéraires irréalistes.

En particulier, les agneaux non sevrés montrent tous les signes de stress et de souffrance pendant le transport longue distance et cela est principalement dû au fait qu'ils souffrent de la faim. Il n'y a aucune possibilité technique de nourrir ces animaux à bord des véhicules et ils devraient donc être considérés comme impropres à des voyages dépassant 8 heures.

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(c) Animal Welfare Foundation/Tierschutzbund Zurich

On constate donc, à nouveau, des infractions au règlement européen (CE) n ° 1/2005, qui stipule que : « Nul ne doit transporter d'animaux ou faire en sorte que des animaux soient transportés d'une manière susceptible de leur causer des blessures ou des souffrances indues. (Article 3) ».

Pourtant, comme le montre l’enquête d’AWF et TSB, des amendes sont appliquées par la police italienne, et des plaintes officielles ont été adressées aux États membres responsables et à la Commission européenne. Ces infractions généralisées perdurent, les sanctions ne suffisant pas à apporter des améliorations significatives. Le constat est sans appel : il existe un problème chronique d'application du règlement (CE) n ° 1/2005 !

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(c) Animal Welfare Foundation/Tierschutzbund Zurich

Au-delà du respect de cette règlementation, il importe plus que jamais de relocaliser la consommation pour éviter ces transports néfastes. La France, dont on a vu qu’elle exporte plusieurs centaines de milliers d’ovins et aussi…une grande importatrice ! plus de 150 000 ovins importés en 2019 et plus de 200 000 en 2018, majoritairement d’Espagne ou des Pays-Bas. L’Espagne, rappelons-le, notre première terre d’exportation. Où est la logique ? Le prix de cette logique est-il encore acceptable ? Des centaines de milliers d’animaux qui souffrent, transportés sur des milliers de kilomètres, dans des conditions inacceptables…. Des éleveurs français qui ne parviennent pas à vendre leurs bêtes pour la consommation nationale... Une consommation de carburant et des émissions de gaz à effet de serre considérables…entre autres.

Pour plus le bien-être des animaux, pour les conditions d’existence des éleveurs, pour la protection de notre Planète : arrêtons les longs transports d’animaux vivants.