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Transports d’animaux et COVID : comment font les autres ?

News Section Icon Publié 23/04/2020

CIWF poursuit son travail auprès des autorités françaises et européennes pour que des mesures de réduction des longs transports des animaux soient prises, en cette période de crise du COVID-19, créant des risques accrus de souffrances animales

En France, en mars, le gouvernement n'a pas l'intention de réduire les transports vivants (intra et extra-UE) et les mesures temporaires d’assouplissement des contrôles, mises en place pour la crise sanitaire, font craindre que les contrôles soient moins stricts. En parallèle, la Commission européenne a établi la possibilité de mesures temporaires pour maitriser les risques pour la santé humaine et animale (allègement des modes de contrôles notamment) et a encouragé la mise en place de « voies verte » permettant un passage plus rapide des frontières.

Au niveau du Parlement, le sénateur Bazin, avec lequel CIWF France et plusieurs ONG travaillent sur le transport d’animaux vivants, a envoyé une lettre au ministre français de l'Agriculture pour appuyer l'appel lancé par les ONG le 19 mars dernier, demandant de suspendre les transports longues distances.

Au niveau européen, l’union faisant la force, CIWF agit en coordination avec « Eurogroup for animals », collectif d’associations européennes de protection animale. CIWF a été à l’initiative de lettres communes aux différentes instances européennes, nous avons participé à la publication d’un rapport sur la situation actuelle, et des rendez-vous officiels.

Ce travail inter-associatif nous permet aussi de suivre la façon dont les autres pays européens gèrent cette crise dans la crise.

Petit tour d’horizon : comment font les autres ?

La plupart des pays n’ont pris aucune mesure pour limiter les transports longues distances.

  • En Italie, rien n’est prévu pour limiter le transport d'animaux vivants dans le cadre de Covid-19. Au contraire, le transport d'animaux vivants au niveau national augmente, en particulier la volaille, alors qu’on assiste à une augmentation de la consommation. Les importations d’agneaux de pays de l’Est ont été fortes en vue des fêtes de Pâques. Les « voies vertes », voies prioritaires pour faciliter les passages des frontières, ne sont pour l'instant pas mises en œuvre.
  • En Irlande, l'exportation de bovins vivants continue. Malheureusement, il semble que la récente enquête publiée par les organisations L214 et Eyes on Animals, n’a pas été prise en compte par les autorités et n’ait donc pas d’impacts sur les exportations de veaux.
  • En Allemagne, le système fédéral allemand rend difficile l'obtention de réponses du gouvernement. Pour le moment, il ne semble pas être question de ralentir le commerce d'animaux vivants. En mars 2020, les exportations de vaches reproductrices ont augmenté de 15% par rapport aux données de 2019.
  • En Espagne, un groupe de travail ad hoc a été mis en place pour faire face à la crise actuelle. Le pays a connu au début de la pandémie, une pénurie de navires principalement dû au fait que les transporteurs arrivaient au port en même temps. Le problème semble maintenant résolu.
  • En Grèce, le gouvernement entend mettre en œuvre les mêmes mesures que celles prises par le gouvernement espagnol. Par ailleurs, le gouvernement grec a partagé l'action judiciaire que CIWF intente contre le gouvernement écossais concernant le transport de jeunes veaux non sevrés d'Ecosse en Espagne
  • En Roumanie les voies vertes fonctionnent, il n’y a donc aucune restriction prévue par le gouvernement pour le moment. En mars, 15 navires ont quitté Midia pour l'Arabie Saoudite (le plus gros importateur), la Libye et la Jordanie.
  • En République Tchèque : le gouvernement ne prévoit pas de suspendre le transport d’animaux.
  • En Suède : BoA surveille la situation aux cas par cas, autorisations par autorisations.

Quelques pays ont pris des mesures pour limiter ou améliorer temporairement les transports 

  • En Belgique, l’un des trois gouvernements locaux a envoyé une lettre aux transporteurs les avertissant des éventuels effets négatifs de la situation et a appelé à une gestion appropriée de la situation.
  • La Pologne qui exporte massivement des agneaux vers l’Italie, les exportations ont réduites sur la période mars-avril 2020, en raison de l'épidémie de Covid-19.
  • Aux Pays-Bas : des restrictions d'importations ont été prises pour certaines espèces : celles considérées comme les moins rentables (comme par exemple les chevaux). L'importation de veaux en provenance d'Irlande est également fortement déconseillée par le gouvernement.

La réponse à apporter

On le voit, la gestion de la crise est donc variable d’un pays à l’autre, faute de réponse européenne commune. Une réponse européenne commune qui devrait être de promouvoir la chaîne d'approvisionnement alimentaire locale, en passant par :

  • une réactivation des abattoirs locaux et de petite taille,
  • d'un cadre législatif harmonisé pour la mise en œuvre des unités d'abattage mobiles,
  • ainsi que la coordination avec le secteur des entreprises.