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Benchmark de l'agroalimentaire sur le bien-être animal

News Section Icon Publié 12/02/2015

Les groupes Danone et Sodexo sont les entreprises françaises ayant obtenu les meilleurs résultats dans le cadre d’un classement mondial des entreprises agroalimentaires relatif à leur approche du bien-être des animaux d’élevage, publié le 12 février 2015.

De manière générale, les entreprises françaises restent cependant loin derrière beaucoup de leurs concurrents européens.

Maintenant dans sa troisième édition, le Business Benchmark on Farm Animal Welfare (BBFAW) analyse chaque année l’importance accordée au bien-être des animaux d’élevage par les leaders mondiaux de l’agroalimentaire. Au total ce sont 80 entreprises qui ont été évaluées cette année, sur la base des informations rendues publiques par ces dernières, puis classées en fonction de leurs résultats (voir diagramme 1 dans le communiqué de presse pour le détail du système de notation).

Parmi les entreprises françaises considérées dans ce classement, seuls les groupes Danone et Sodexo se sont distingués en atteignant les niveaux intermédiaires 3 et 4 respectivement (voir diagramme 1). Au contraire, 3 des 8 entreprises françaises évaluées cette année - à savoir les groupes Auchan, Casino et Lactalis – soit n’ont pas encore intégré le bien-être animal dans leur stratégie d’entreprise, soit n’en font pas état de manière publique pour le moment (niveau 6).

Pour la responsable de BBFAW Nicky Amos, « les résultats obtenus par les entreprises françaises cette année restent décevants et la France doit encore faire preuve de réel leadership en ce qui concerne la thématique du bien-être animal. Des groupes comme Danone et Sodexo ont su se saisir de ce sujet et l’intégrer à leur stratégie d’entreprise, et nous attendons des autres groupes français qu’ils fassent de même rapidement. »

Le rapport du BBFAW, compilé en collaboration avec les ONG mondiales de référence en matière de bien-être animal, Compassion in World Farming (CIWF) et Word Animal Protection (WAP), avec le soutien de Coller Capital, révèle des résultats très encourageants avec 45% des 65 entreprises (soit 29 entreprises) évaluées lors du premier classement en 2012 ayant progressé d’au moins un niveau.

Malgré ces progrès réalisés de manière générale depuis le premier benchmark en 2012, il est évident que le bien-être animal reste une thématique relativement immature dans le secteur agroalimentaire mondial, avec la moitié des 80 entreprises évaluées en 2014 apparaissant dans les 2 niveaux les plus bas (5 et 6) - indiquant que le bien-être animal n’est pas traité par ces dernières avec la même importance prêtée à d’autres thématiques de RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise).

Il est encourageant de voir la diversité d’entreprises qui ont atteint les deux niveaux les plus élevés cette année. Cela prouve que toute entreprise peut améliorer sa gestion, sa communication, et sa performance relatives au bien-être animal, et ce quels que soient son secteur d’activité, son implantation géographique ou sa structure.

Philip Lymbery, DG de CIWF

Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’origine de leur alimentation et demande une meilleure vie pour les animaux d’élevage. Tandis qu’il est encourageant de voir un nombre croissant d’entreprises évaluées dans le cadre du benchmark qui s’engagent pour le bien-être animal, il reste encore beaucoup à faire. Les entreprises ont le pouvoir de transformer la vie de milliards d’animaux d’élevage à travers le monde.

Mike Baker, DG de World Animal Protection (WAP)

Jeremy Coller, fondateur de l’un des plus grands groupes de «Private Equity» au Royaume-Uni, explique l’importance croissante du bien-être animal pour les investisseurs. Selon lui :

Le bien-être animal en élevage doit être pris en compte par la politique de risques et de retours sur investissements, si nous voulons une alimentation saine sur nos assiettes et de bons retours sur investissements pour nos clients – comme l’ont soulignés les récents scandales et pénuries alimentaires ainsi que le durcissement de la règlementation européenne. Ce rapport aidera les investisseurs à comprendre quelles sont les entreprises agroalimentaires qui prennent le bien-être animal au sérieux. Il est sans conteste très inquiétant de voir que plus de la moitié des entreprises évaluées restent actuellement aux deux niveaux les plus bas du benchmark.

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