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Etats Généraux de l’Alimentation : l’occasion de changer de modèle ?

News Section Icon Publié 19/07/2017

CIWF participera demain, jeudi 20 juillet 2017, au lancement des premiers Etats Généraux de l’alimentation. CIWF salue cette initiative essentielle tout en s’inquiétant de son ambition. Quelles seront les avancées concrètes ? Pour CIWF, c’est l’occasion de questionner nos modèles de production, comme de consommation. Il s’agit de sortir de la dépendance à l’élevage intensif et de valoriser les productions garantissant des niveaux élevés de bien-être animal. Les leviers sont nombreux !

Cohérence de l’approche et nécessité d’une troisième phase, politique

Ces Etats Généraux devraient se dérouler en deux phases d’ateliers thématiques. L’une sur la création et la répartition de la valeur, rassemblant principalement distributeurs, transformateurs et syndicats de producteurs, la seconde sur les enjeux sociétaux à laquelle sont invitées les ONG. Il est cependant essentiel que ces deux phases ne soient pas traitées séparément, et que les ONG soient aussi parties intégrantes de la première phase. La question de la création et la répartition de valeur ne peut en effet être traitée en occultant les enjeux sociétaux, dont fait partie le bien-être animal.

D’autre part, il est essentiel que le Président et le gouvernement s’engagent dès à présent sur une troisième phase de négociation politique, permettant d’arbitrer sur les dissensus et les sujets transversaux, pour aboutir à des engagements concrets, une véritable feuille de route à long terme et des propositions législatives qui garantissent la cohérence des politiques publiques, de la PAC (Politique agricole commune) au PNNS (Programme National Nutrition Santé) et à l’échelle internationale. Sans cela, ces Etats Généraux ne seront qu’une coquille vide.

L’occasion de questionner notre dépendance à l’élevage industriel

Pour Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France, « il est urgent de modifier notre politique alimentaire et agricole et de remettre en question notre surconsommation de produits animaux, car c’est elle qui nourrit les élevages intensifs, néfastes aux animaux, aux hommes et à la planète. L’inquiétude que l’on a aujourd’hui sur ces EGA, c’est de savoir si l’on va vraiment aborder cette question essentielle ».

L’élevage français est aujourd’hui fortement industrialisé, en particulier pour l’élevage de poulet et de porc, et ce pour répondre à la demande massive de viande. Pour CIWF, il faut réduire cette dépendance, pour améliorer le bien-être animal. Il est nécessaire de faire évoluer notre modèle alimentaire en même temps que notre modèle de production.

Quelle sera la place réellement donnée aux questions de bien-être animal ?

Le bien-être animal devrait être abordé dans certains ateliers, ce qui est encourageant. Mais il ne faut pas que cela reste du cosmétique. CIWF attend des décisions engagées pour l’orientation des politiques publiques.

La réflexion sur la création et la répartition de valeur doit intégrer des leviers innovants pour valoriser les améliorations en termes de bien-être animal, au-delà du cadre règlementaire. Permettre une valorisation pour les éleveurs en légitimant des prix plus justes. De nombreux instruments peuvent être mis en place, pour soutenir les éleveurs qui veulent faire évoluer leurs productions, pour accompagner les collectivités et la restauration collective, pour permettre aux consommateurs de faire de meilleurs choix.

Voici quelques exemples :

  •  Faire évoluer les soutiens publics, comme les aides de la PAC, sur des critères de bien-être animal. Aujourd’hui, en Europe, seul 0,5% du budget de la PAC est consacré au bien-être animal. Et la France n’utilise aucune des aides ouvertes à cela dans le 2nd pilier. C’est pourtant tout à fait possible, d’autres pays le font, comme l’Allemagne, qui a mis en place par exemple une prime (50% de fonds PAC) par cochon qui arrive avec la queue intacte à l’abattoir. Pour Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France : «  16€ pour l’éleveur, par cochon qui arrive à l’abattoir avec sa queue intacte, ce n’est pas rien ! Ce système permet de soutenir des élevages sur paille, où les cochons ne sont pas soumis à des mutilations. Il ne s’agit pas de produire plus mais de produire mieux. »
  • L’information sur l’étiquette. CIWF demande la mise en place de l’étiquetage du mode d’élevage pour toutes les viandes et produits laitiers, sur le modèle des œufs. Le consommateur est prêt à payer plus pour un produit qui répond à des exigences élevées de bien-être animal, encore faut-il qu’il ait l’information sur l’emballage.
  • La fiscalité et la TVA sont également à mettre dans la réflexion, pour une meilleure répartition de la valeur : certains pays du nord réfléchissent à mettre en place une TVA réduite sur les produits bio ; mettre en place une fiscalité favorable pour les éleveurs qui garantissent des niveaux de bien-être animal élevés, l’accès au pâturage et au plein air, les races plus robustes, bien au-delà des normes minimales qui sont déjà souvent mal appliquées.

Les EGA sont l’occasion de proposer des solutions pour une alimentation responsable. Pour CIWF, il est urgent d’encourager de meilleurs standards de bien-être animal, de valoriser ceux qui vont plus loin, légitimant des prix plus justes, pour des consommateurs qui choisissent de manger moins mais mieux.

Contact presse

Claire Hincelin – claire.hincelin@ciwf.fr  / 01 79 97 70 53 - 06 26 07 55 43

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