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SIA 2020 : la PAC doit permettre de sortir de l’industrialisation de l’élevage pour trois Français sur quatre

News Section Icon Publié 21/02/2020

Alors qu’un débat national sur la Politique Agricole Commune sera lancé dimanche au Salon de l’Agriculture, CIWF révèle que 77% des Français considèrent que la PAC devrait être utilisée pour sortir de l’industrialisation de l’élevage.* Pourtant, la France, premier bénéficiaire de la PAC ne consacre par un centime aux mesures  spécifiques de bien-être animal. La prochaine PAC doit répondre à ces attentes. C’est possible et même indispensable. CIWF porte des propositions concrètes et réalistes.

En France et contre l’avis des Français, la PAC permet le maintien du système industriel

La France est le premier pays bénéficiaire des financements de la PAC, percevant environ 9 milliards d’euros par an. Un formidable levier pour, notamment, promouvoir le bien-être animal dans l’élevage français et sortir de l’industrialisation de notre agriculture ! Sauf que... non. La France investi 0€ par an dans le financement de mesures en faveur du bien-être animal. Les fonds PAC sont souvent alloués à des projets peu ambitieux, aptes à ne produire que des améliorations marginales. Et certains paiements de la PAC ont même un impact préjudiciable sur le bien-être des animaux, comme des aides à l’investissement pour des bâtiments en caillebotis intégral ou des aides à l’hectare quel que soit le type d’élevage. Pourtant le dernier sondage IFOP pour CIWF France[1] montre que 77% des Français considèrent que la PAC devrait être utilisée pour sortir de l’industrialisation de l’élevage.

Pour Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France « Les aides de la PAC pourraient être octroyées pour les pratiques d’élevage particulièrement respectueuses des animaux. Elles pourraient soutenir, par exemple, l’accès au pâturage ou la mise à disposition d’enrichissement pour stimuler les animaux, comme la paille en élevage porcin. En Allemagne dans certains Länder, pour lutter contre la coupe des queues en routine des porcs, ils rétribuent avec les fonds PAC les éleveurs dont les cochons ont toujours leur queue lors de l’abattage, indicateur de meilleures conditions d’élevage. Prenons exemple ! »

La France ne prend pas la mesure de l’urgence

En France, l’élevage reste en grande majorité intensif, avec notamment encore 58% des poules pondeuses et 99% des lapins en cages de batteries, 95% de l’élevage porcin sur un modèle intensif hors sol et 80% des poulets en bâtiment standard. Il est urgent de soutenir des mesures qui, au-delà de maintenir artificiellement un système industriel à bout de souffle, engagent une véritable transition agricole et alimentaire, y compris pour ces élevages-là.

La France ne semble pas avoir pris la mesure de l’urgence. Le Gouvernement ne porte pas de véritable mesure sur le bien-être animal. De plus, dans son projet de diagnostic en vue du futur Plan stratégique national de la PAC post-2020, la France minimise les insuffisances en matière de bien-être animal et refuse de faire l’état des lieux des modes de productions d’élevage actuelles en France. Comment identifier les besoins et prioriser l’allocation des fonds de la PAC sans un diagnostic complet sur la réalité de l’élevage en France ?

Pour CIWF, la France doit soutenir une PAC qui rémunère les éleveurs qui sortent d’un modèle industriel

Une Politique Agricole et Alimentaire Commune juste devrait prioritairement être utilisée afin de soutenir les externalités positives, en rémunération des services environnementaux et des pratiques garantissant un haut niveau de bien-être animal. Les aides aux revenus devraient être orientées en priorité à l’élevage que l’on veut pour demain, par exemple garantissant l’accès au pâturage pour les ruminants ou les porcs sur litière et avec accès extérieur. Les paiements alloués au développement rural devraient être repensés afin d’encourager la transition vers des systèmes de production plus vertueux. Une PAC qui soutienne et valorise les bonnes pratiques !

Consultation publique : l’occasion de prendre le pouvoir sur notre agriculture et notre élevage

La France lance ce dimanche 23 février, pendant le Salon de l’Agriculture, une consultation publique qui se déroulera entre février et mai 2020. La volonté massive exprimée par les Français dans notre sondage, d’utiliser la prochaine PAC pour sortir de l’industrialisation de l’élevage, est une première donnée dont les pouvoirs publics devront tenir compte pour garantir une adhésion de la population à notre modèle d’agriculture et d’alimentation.


CIWF ne ratera pas l’opportunité de cette consultation publique pour mettre le bien-être des animaux d’élevage au centre des futures orientations et mobilisera ses supporters pour participer à cette consultation et se faire entendre pour définir notre futur système agricole et alimentaire !


Contact presse  

Claire Hincelin – claire.hincelin@ciwf.fr  / 01 79 97 70 53 - 06 26 07 55 43 

 

Ou directement au SIA  dimanche 23 février après midi et mercredi 26 février toute la journée  : Agathe Gignoux, responsable des affaires publiques et juridiques pour CIWF France au 06 12 90 09 25

 

*[1] Sondage réalisé par IFOP pour CIWF France. L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 12 février 2020.

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